‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 123 sur 301 · PARTIE III. — œNSGIBNCB DU DEVOIR. — UVRE U. m · texte numérisé non relu

PARTIE III. — œNSGIBNCB DU DEVOIR. — UVRE U. m

lui apparaît comme synonyme de ces deux idées : con^ servation , perfectionnement. La réunion de ces deux idées eUes-mêmes produit la résultante : bonheur.

Conservation. — La première loi de tous les êtres, donc de l'homme, est de tendre à conlinuer d'être autant qu'il est possible. Toutes les déclamations sur la souffrance ne contrediront pas cette vérité : Exister vaut mieux que ne pas exister y parce que le néant na pas de valeur.

Perfectionnement. — La seconde loi de tous les êtres finis, donc de l'homme, est de suivre une évolution successive, en passant du germe le plus simple a un état de développement, pour arriver ensuite à un état relatif de dissolution, ou, (si Ton préfèrerun mot qui ne préjuge rien), de transformation. Ainsi, la graine confiée à la terre produit une tige, des feuilles, des boutons, des fruits, qui se flétrissent après une vie de quelques jours."

Bonheur. — Tout être, donc l'homme, en avisant à sa conservation et à son perfectionnement régulier, recherche un état qui lui plait ou qui lui plaira. Il le nomme le bonheur. — Bonheur! mot séduisant que, dans tous les systèmes, les jurisconsultes doivent présenter en tête de leur vocabulaire, s'^ils veulent être écoutés! Proposons -le à nos disciples : sinon, les uns prendront en risée notre logique, en s'écriant avec Montaigne : « De vrai , ou la raison se moque, ou u elle ne doit viser qu'à notre contentement M » et les autres la prendront en tristesse, en reconnaissant,

» Essais^ liv. I, chap. xix: Que philosopher c'est apprendre à mourir.

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ayec mat François de Sales, une tendance si grande de l'esprit de Thomme au bieneétre, » qu'il ne faut <( pas penser d'apporter aucun remède à cela *■ ! »

Sans doute (h&tons-nous de faire cette réserve), le mot bonheur a mille significations. Le bonheur ne doit pas être confondu avec la volupté^ que trop souvent on prend pour lui. Et puisque « la vie de l'âme, sé- (( parée du corps, est une continuation de la vie préce sente, on ne doit pas, dans la définition du bonheur, (( se borner à la considération de cette période de la « vie qui se termine à la mort*. » En ce qui nous concerne, lecteur, nous nous garderons bien, dans la suite de cet ouvrage, de demander le sens du mot bonheur à des théories dépourvues de courage et de dignité'. Mais ce n'est pas le moment d'indiquer, sur le choix du souverain bien, nos préférences ou nos antipathies. Tout ce que nous voulons constater ici , c'est que nulle démonstration ne peut persuader à un être de désigner ainsi son but : Malheur définitif. Il faut toujours lui proposer, comme couronnement d'une série d'actes conformes à sa destination, une satisfaction dernière quelconque, soit dans cette

A Lettre du 7 avril 1505.

La pensée de Tintérôt personnel se cache parfois Jusque dans les actes de déTOuement « Il semble sourent que c'est la charité qui fait agir, et c'est € plutôt la chair! Car il est bien rare que Tindination naturelle, la volonté « propre, Tespérance de quelque récompense, le désir de quelque avantage « particulier, ne se glissent point dans nos actions. >

{Imitât, de /.-C, liv. I, chap. xv.)

* Pestel, Fundamenta jttstitiœ mturalis, traduit du latin sur la 2* ^tion (part. I, sect. i, n» 17).

> Dans le passage de Montaigne cité page précédente, il signifie le cotiientement dans la vertu.

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