‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 132 sur 301 · PARTIE IIL — CONSCnSNCB DU DEVOIR. -^ UVRE IL tOS · texte numérisé non relu

PARTIE IIL — CONSCnSNCB DU DEVOIR. -^ UVRE IL tOS

nous ôte rien quand on nous la laisse ^ »« -^ Mais i grand est rentratnement des passions, que la sanoion inlérieure est insuffisante. En conséquence il ftiut iniiciper sur les jugements de la Providence. H faut^ lès cette vie, ajouter à la sanction intérieure une sanc* \i(m extérieure dont Taction immédiate a plus d ef- Bcacité.

On appelle sanction extérieure : 1® la perspective, quand nous faisons le bien, de la condition heureuse que produit Tattribution de certaines récompenses données par ses semblables ; 2^ la perspective, quand nous faisons ou voulons faire le mal, de la condition malheureuse que produisent certaines coercitions préventives, réparatoires ou répressives, imposées par nos semblables.

213. Le principe de la sanction intérieure ou eoUi* rieure du devoir se distingue , par le nom qu'on lui donne, du principe de la détermination du devoir* Mais, bien analysé, le principe de la sanction n'est au fond que le principe même de la détermination, repro« duit sous une seconde forme. -^ Facile est la démonstration de cette identité.

214. Le premier principe de la détermination du devoir, en recommandant l'assistance réciproque entre les hommes « affirme que cet équilibre est nécessaire à l'ordre général, et seul peut satisfaire l'intelligence. — Eh bien ! le principe de la sanction intérieure du devoir, qu'aftirme-t-il? Que l'intelligence sera satisfaite si l'ordre est observé, mécontente s'il est violé.

« ExpHt du lùU^ lit» XXV, ehap* iil«

fM CONSCIENCE £T SCIENCE DU DEVOIR.

Voilà une vérité adéquate à la première ; disons imem c est la même.

216. Kt le principe de la sanction extérieure cou tient-il autre chose? Rien autre chose. Mais cela de mande à être expliqué plus longuement.

Quand la sanction extérieure procède par des ré compenses attribuées à celui qui agit bien, elle ne fai que lui donner sa part dans le bénéfice général produit par ses bonnes actions. Ainsi, c'est purement ei simplement l'application géminée du principe de détermination du devoir.

216. Devons-nous en dire autant de la sanction extérieure (la plus pratique et la plus énergique) qui procède par des coëi'citions matérielles contre celui qui agit mal? — Pour le savoir, comprenons bien les caractères de cette sanction. C'est une réaction exercée par les forces réunies des hommes contre celui qui trouble l'ordre. - Il faut se garder de confondre cette réaction avec deux autres, que nous appellerons la réaction de la vengeance et la réaction de l'intérêt.

217. La réaction de la vengeance n'est point la sanction. La vengeance paraît aux esprits étroits justifiée par ce raisonnement : Lorsqu'un autre manque envers moi à robligation naturelle, il m'autorise à y manquer envers lui. La rémunération de l'injustice par l'injustice a un faux air de justice. Mais, suivant la remarque judicieuse de Wolff * : c< C'est une des c< plus dangereuses et des plus fréquentes illusions « que les hommes se fassent C'est un abus de la

* Analysé par Formet {Principes du droit naturel, li7. I, chap. m).

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