PARTIE in. •- COMSGIEMGE DU DEYOIK. -- UVRE IL fit
Aussi nous nous étonuons que Leibnitz ait aecusé la règle posée par saint Luc et par saint Matthieu d'une insuffisance qui a besoin « non seulement de 9 preuves, mais de déclarations.... On voudrait trop, « dit-^il, si on était le maître. Est-ce donc qu'on doit « trop aussi aux autres? On me dira que cela ne s'en- (( tend que d'une volonté justel . • . Mais ainsi cette règle, « bien loin de suffire à servir de mesure, en aurait « besoin. ^ » — Nous répondons : Cette objection repose sur une interprétation inexacte de la règle. — Cette règle , Leibnitz semble d'une part Tentendre dans un sens relatif, en l'appliquant a un individu considéré vis-à-vis d'un seul individu. D'autre part, il en restreint les termes en les appliquant aux actions seule-» ment et nou aux abstentions. Il mutile ainsi le pré* cepte : Fais à autrui ce que tu veux qu'on te fasse , en l'isolant de sa contre-partie : Ne fais pas à atUrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse.
Leibnitz tombe ainsi dans deux erreurs.
Première erreur : Le texte de l'Evangile met Vvoy dividu en regard de tous les autres hommes (voyes le pluriel homines)^ en le conviant à leur faire ce qu'il veut qa^ih lui fassent.
Deuxième erreur : En supposant que le texte du livre de Tobie, qui se contente du singulier (o^ alio^ alteri), ne soit pas corrigé implicitement par celui de saint Luc; qu'il le corrige au contraire en y replaçant l'expression du singulier ; il suffirait encore de com<' pléter l'une par l'autre la règle de l'Ancien Testai*
< Lellmitz, Ifaiêveam Battis mr VéntêndefHêiU humain.
no CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.
meut et celle de rEvangile, pour réfuter victorieusement, parieur fusion, l'objectiou de Leibnitz.
Montrons en effet qu'en les appliquant toutes deux simultanément à chaque homme, vis-à-vis de chaque homme considéré au singulier, elles donnent encore dans son entier le principe fondamental du devoir. — Si, désirant que Primus fasse trop pour moi, comme dit Leibnitz, je commence par faire trop pour Primus, je me mets dans Fimpossibilitéde faire a^^e^pourTertius. Primus, s'il m'imite, se place envers Tertius dans la même impossibilité. Alors je fais contre Tertius ce que je ne voudrais pas que Tertius fit contre moi, puisque je lui prends sa part des services qu'il attendait de Primus; et Primus ne fait pas à Tertius ce qu'il voudrait que Tertius lui fit , puisqu'il ne lui réserve pas une part de services égale à celle qu'il pouvait lui demander. — Ainsi , dans l'hypothèse où il place seulement Primus et Secundus, Leibnitz ne s'aperçoit pas que les deux règles réunies sont violées vis-à-vis de Tertius, qu'il y a un tort fait à un homme, et que la morale est ainsi blessée par lu violation de l'Évangile.
Donnons un exemple. Le geôlier doit-il mettre en liberté l'assassin prisoimier, parce qu'il serait charmé, s'il était l'assassin, d'être ipîsen liberté par le geôlier? Oui, si l'on entend la règle comme l'entend Leibnitz. Non, si on l'entend exactement. En mettant en liberté l'assassin, le geôlier nuit à Tertius, qui est la société. Il fait ainsi à Tertius ce qu'il ne voudrait pas que Tertius lui fit, s'il était la Société et que Tertius fiiit le geôlier.
Du reste, L^nitz lui-même écarte plus loin son