‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 140 sur 301 · PARTIE m. — CONSCIENCE DV DEVOIR. -^ LIVRE H · texte numérisé non relu

PARTIE m. — CONSCIENCE DV DEVOIR. -^ LIVRE H

a est enim lex et prophètes^ Prout vultis ut

a fcunant vobis homineSy et vos facile illis similiter * . . .

Quod àb alio oderis fieri tibi , vide ne tu ali"

c< quando alteri facias '. »

227. Dans les textes de saint Matthieu et de saint Luc» la règle formulée indique un rapport de similitude entre le service que vous devez rendre à autrui , et le service que vous attendez d'autrui. Sur quoi porte cette similitude? est-ce sur l'objet du service? est-ce sur rintensité du désir d'obtenir ce service? est-ce sur Feffet qu'il doit produire?

Évidemment la similitude ne porte pas sur l'objet du service à rendre. Vous aimez les spectacles et les voyages : la règle formulée ne vous enseigne pas le devoir d'entraîner au spectacle ou en voyage ceux qui n'aiment pas ce genre de distraction. — Évidemment encore la similitude ne porte pas sur l'intensité du désir d'obtenir le service. Vous aimez beaucoup les spectacles et les voyages : la règle formulée ne vous dit pas d'employer uniquement votre charité à mener au spectacle ou en voyage ceux qui aiment comme vous ce genre de distraction. — C'est sur l'effet du service à rendre que porte la similitude indiquée par l'Évangile. Voici comme il faut entendre la règle :

t Saint Matth. (chap. tu, § 2, vers. 12).

M. l'abbé Gratry donne ce texte dans le Ompendium fidei catholietB, ajouté à la fin de son Traité de la connaissance de />tetf.— Nous citons auteurs les autres textes de ce Campendium sur Tamourde Dieu et du prochain.

Nous croyons utile de joindre ici les textes de saint Luc et du Livre de Tohie au texte de saint Matthieu.

■ Saint Luc (diap. yi, S Av ven. 31).

• Tobie (chap. nr, Sn^vOTs- lô)«

tt8 C0N8GIENGE ET 8CIENGE DU DEVWL

Vos actions doivent avoir pour effet le bonheur d'au^ truiy comme les actions d'autrui doivent avoir pour effet votre bonheur.

Nous disons les actions d'autrui et vos actions. Mais n'y a-t-il donc rien à dire des abstentions d'autrui et de vos abstentions? — Ici, à côté des maximes de saint Luc et de saint Matthieu, ainsi résumées : Fais à autrui ce que tu veux qu'on te fasse, voici venir une autre règle qu'on va répétant plus souvent encore» savoir : Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pets qu'on te fasse ! D'où vient cette seconde règle? Nous venons de la trouver dans l'Ancien Testament* au livre de Tobie ^ : a Quod ah alio oderis fieri tibi, vide a ne tu aliquando alteri faciasl » Mais avons-nous besoin de l'Ancien Testament? Le précepte du livre de Tobie n'est-il pas implicitement reproduit par saint Matthieu et surtout par saint Luc? Dom Galmet n'en doute pas. Le moins est compris dans le plus. La charité qui prescrit de s'abstenir de nuire, s'absorbe dans la charité plus complète qui prescrit de faire activement le bien d'autrui. Le dernier mot de l'Évangile est donc celui-ci : a Comportez- vous (dans vos a actions et vos abstentions ) envers le prochain, <x comme vous désirez qu'il se comporte (dans ses « actions et ses abstentions) envers vous. »

* Chap. IV, S 2, vers. 16.

■ Cette maxime est implicitement dans un discours de Lysias. Elle est énonc eée d'une manière expresse dans Thaïes et Pittacus, et je Tai trouvée mot « à mot dans Toriginal de Gonfucius. « {Recherches asiatiques, tom. IV, discours de William Jones).

« Gonfucius disait : Ce qu'on ne désire pas pour soiHUÔme, qu'on ne le « fasse pas aux autres. — - Au Sénégal on dit : Si un chapeau ta bleMe^ ne « l'enfonce pas dans la tête de ton voisin.» (F. Dcnis, Le Brahme voyageur»)

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