‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 206 sur 301 · PARTIE in. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE in. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE V

n. — RÉFUTATION.

I Dieu ordonne anx hommes, q[aels qu'ils soient, de I combattre leur orgueil. Il n'a prédestiné personne à I la domination, comme il n'a prédestiné personne à « l'esclayage.» {^ovsseLj Encyclopédie du droit, TpaLiiA^

sect. I, § 21.)

314. L'observation dément la sup- 315. Toute législation humaine position de la mission sur- reste soumise au libre exa^

naturelle du législateur. men.

314. Représenter le devoir comme la nécessité d'avoir confiance dans la sagesse du législateur , c'est le considérer sous un aspect pratique, du côté seulement des gouvernés; c'est prêcher utilement à ceux-ci une obéissance sans laquelle famille et société ne sauraient vivre un jour.

Chercher à donner à cette obéissance l'assenliment de la pensée convaincue, en s'appliquant à com^ prendre tout ce qui peut justifier l'œuvre du législateur, c'est, de la part des gouvernés , garder une défiance d'eux-mêmes, meilleure conseillère que l'outrecuidance * . Il faut approuver la disposition d'esprit qui présume la supériorité du droit promulgué par la raison collective, sur le droit rêvé par la raison individuelle. Le possessoire doit être du côté de la loi existante. Mais ce possessoire peut être attaqué. ,

En effet, qu'il est difficile, en lisant l'histoire, de saluer constamment comme * élus de Dieu les dominateurs des nations, qui paient tant de tributs à la passion ou à l'erreur ! Impossible d'obliger la raison

* Consulte^ Touvrage de M. Godin, sur le respect dû aux puissancet établies.

humaine à fermer les yeux pour se faire opiniâtrement cette illusion.

315. Ni les chefs de famille, ni les chefs des peuples ne peuvent violer ie sanctuaire inaccessible du libre examen. Là se retranche un juge, bon ou mauvais, impartial ou passionné, de leurs œuvres. L'amour et la haine de ceux qui obéissent réviseront en dernier ressort les volontés de ceux qui commandent; on donnera à l'expression de ces volontés le nom de lois, si elles paraissent inspirées par Y amour du souverain bien *; ou sinon, Ton dira avec Cicéron : « Non magis « legis nomen attingunt, quant si latrones aliqua « consessu suo sanxerint ^. »

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