‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 209 sur 301 · Une première objection toute pratique s'élève · texte numérisé non relu

Une première objection toute pratique s'élève

* Locke, Essais sur Ventendement humain, liv. I, chap. u, § 24.

* Id., ibid., liv. IV, chap. xx, S 17*

contre le système qui veut faire sortir de Tautorîté générale la science du devoir. Cette objection se tire de la difficulté d'appliquer ce système. Pour constater l'autorité générale, va-t-on exiger l'unanimité des voix? Si on l'exige, voyez le cercle vicieux*! « Pre- (c mièrement, cette hypothèse reçue, il est impossible (( qu'aucun homme qui jouit de l'usage de sa raison, (( puisse jamais contrevenir aux lois naturelles, puisce que le consentement du genre humain devient dé- <( fectueux dès qu'une seule personne qui en fait (c partie entre dans quelque sentiment différent de « celui des autres. — En second lieîi, il paraît une ab- « surdité manifeste de poser pour fondement des lois (( naturelles le consentement de ceux qui les violent « plus souvent qu'ils ne les observent^. »

La majorité des voix suffira donc.

322. La majorité!... Soit. Mais quelle majorité? En supposant qu'on parvienne à compter les suffrages, va-t-on les accepter tous? ou choisir seulement ceux des gens éclairés? Si Ton prend ce dernier parti, qu'entendra-t-on par gens éclairés? Éclairés sur les objets du devoir? Eh! c'est justement la question que nous supposons à éclaircir! Nous voilà encore arrêté devant une pétition de principe.

323, Décomposons au surplus l'autorité générale. Qu'y trouvons-nous? Le déplacement du juge de la question par une raison paresseuse qui, pour s'abstenir, se réfère à la décision plus hardie d'autres raisons

*■ Signalé par Hobbes, De cive,

s Uubner, Essai sur V histoire du droit naturel^ partàe II, S ^*

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