‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 226 sur 301 · PARTIE m. — CONSOENCE DU DEVOIR. ^ LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE m. — CONSOENCE DU DEVOIR. ^ LIVRE V

cercle dans lequel la raison et la liberté doivent se mouvoir^ en cherchant par leurs propres forces leur route !

Conscience morale! raison pratique! raison dans une de ses fonnes les plus élevées * ! Pour savoir ce que tu nous apprends d'une manière absolue, voyons ce que la raison nous apprend» dans toute science, d'une manière absolue.

Toute science suppose^ pour base de ses démonstrations ultérieures, quelque démonstration première, faite immédiatement dans les profondeurs du sens intime, par la combinaison des idées nécessaires. Nous devons donc trouver, dans la science du devoir, une démonstration de ce genre; un principe fondamen^ tal chargé de diriger la liberté en l'éclairant, comme la loi de gravitation fait mouvoir la matière en l'attirant? Comment vivre sans ce principe? Sans lui, comment faire, suivant l'expression de Pascal, « une « démarche avec sens et jugement ^ ? »

Ce principe premier du devoir, que les plus criminels violent partiellement, que les plus vertueux réalisent imparfaitement, ce principe identique sous sa forme déterminatrice et sous sa forme sanction-*

* Bénard, Précis de philosophie (Morale, chap. m).

** Le plus ingénieux des sceptiques, Montaigne lui-môme en convient dans un jour de foi : « Il est impossible de ranger les pièces, à qui n'a pas « la forme du total en sa tête. A quoi faire la provision de couleurs, à « qui ne sait ce qu'il a à peindre? Aucun ne fait certain dessein de sa vie, « et n'en délibérons qu'à parcelles. L'archer doit premièrement savoir où « il vise, puis y accommoder sa main, l'arc, la corde, la flèche, et les mou-

< vements. Nos conseils fourvoient, parce qu'ils n'ont pas d'adresse et da

< but. Nul vent ne fait pour celui qui n'a pas de port destiné. »

^Eisais^ liv. H, chap. u.)

33t CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.

natrice, nous nous sommes efforcé de le formuler dans notre livre II : assistance due par tout être à tout être.

La détermination de ce principe est absolue dans toutes les consciences.

340. Veut-on ajouter que les caractères du devoir sont absolus comme le principe lui-même? Oh! nous y consentons de grand cœur : nous l'avons reconnu dans notre livre I, en proclamant absolus dans toutes les consciences, les caractères du devoir : souveraineté, indivisibilité, universalité.

341. Dira-t-on que l'impératif contenu dans toute conséquence exactement tirée du premier principe est absolue? Nous y consentons encore.

342. Mais prétend-on dire que cet impératif peut s'exprimer par des formules absolues, telles que : Ne tuezpas,ne metfîse^pas? Suivant nous, c'est rester dans l'enfance, dans la barbarie de l'art. L'impératif bien compris du devoir n'est que dans les résultantes formées par les combinaisons variées de ces formules. — Enfin, prétend-on ajouter que ces formules appelées par nous barbares, ou d'autres plus perfectionnées qu'on mettrait à leur place, sont absolues en ce sens qu'elles apparaissent uniformément à toutes les consciences? Ici nous répondons par la négation la plus formelle. Nous allons constater leur apparition seulement relative au fond de chaque conscience ^

* Nous regrettons de trouyer dans la 24* leçon de M. Cousin sur le vrai, le beau, le bien, ces confusions sur l'application du mot absolu. L'idée du devoir est absolue, les caractères du devoir sont absolus, le premier principe du devoir est absolu : voilà des vérités incontestables. — Vol^et de

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