PARTIE ni. — CONSCIENCE DD DEVOIR. — ÉPILOGUE
ce facultés, chose puisse nous appartenir^ la
c( science! où nous retrouvons notre orgueil et
ce notre faiblesse'^.»
369. Quelles sont les questions pnneipales que nous jurons à développer, en abordant la science du devoir? A première vue, les problèmes soulevés par ces questions nous apparaissent ainsi qu'il suit :
Ire Question. — Rapports de la science du devoir
avec les autre sciences ; 11^ Question. — Légitimité de la coexistence de deux directions de la liberté, la direction sociale et la direction individuelle ; IIP Question. — Unité des objets du devoir ; I V« Question. — Unité de la science du devoir ; V® Question. — Unité des moyens pour acquérir
la science du devoir ; VP Question. — Choix des moyens pour acquérir
la science du devoir ; VIP Question. — Détermination d'un premier principe de la science du devoir ; VIII® Question. — Grandes divisions de la science ; IX® Question. — Subdivisions des grandes divisions; X® Question. — Méthode d'enseignement des lois positives.
« pas l'esprit assez fort pour se permettre de marcher sans guides. Mais on « les suit sans y avoir confiance, et avec la circonspection d'un général qui « se fait conduire par un prisonnier sur le territoire de Tennemi. »
(Comte, Traité de législation, liv. I, chap. l)
' Roussel, Encyclopédie du droite discours préliminaire.
s ld.,ibid.
« Trop souvent la vie autorise à mépriser les hommes individuellement; « la science n'autorisera jamais à mépriser l'humanité. » (M. Tillard, ouvrage précité.)
Mt G0N8GIENGB ET SGIBNGE DO DEVOIR .
Deux mots d'édaircissemeDl sur la position de ces questions.
1'* QUESTION. — Rapports de la science du devoir avec les autres sciences,
370. Utilité de l'ordre dans Tétude. 373. Elleft n'en sont paa moins otileofe
371. Divisions des sciences. 376. Recherche de la place de la 373. Ces divisions ne sont que pro- science du devoir dans rensem-
visoires. ble des sciences humaines.
370. Â rimitation des biographes qui , en commençant une notice sur la vie d'un héros, n^oublient pas de donner quelques renseignements préliminaires sur sa famille, il est bon de faire connaître la généalogie de la science dont nous nous occupons.
Nous avons signalé la nécessité, pour l'observation, de commencer au hasard par le premier fait venu qui se présente à elle. Mais cette nécessité de briser d'abord la sphère de Tétude, sans choisir le point par où Ton y pénètre, ne dure pas longtemps. Sans doute, dans le premier noviciat de ses découvertes, l'observation sait trop peu pour classer. Maif; , à mesure qu'elle se fortifie elle-même en recueillant des résultats, elle aperçoit l'utilité d^ventorier ses trésors, d'en embrasser l'étendue pour mieux mesurer, par contre, les lacunes qu'il lui reste à combler. C'est ainsi que Tordre, indifférent dans l'origine, devient, dès qu'on peut l'entrevoir, une des conditions du progrès ultérieur*.
371. Alors les séries diverses de faits explorés se groupent sous diverses dénominations : a La mécc taphysique considère l'être ; l'arithmétique , Yun
< Comp. Leibnitz, Préceptes pour avancer la science»
c< et sa multiplication ; la géométrie, la figure et sa c< dimension ; la mécanique, le mouvement du dehors; c< la physique, le mouvement qui part du centre. La <s. médecine étudie les corps; la logique, la raison; la <( morale^ la volonté ^ »
Le mot sciences, dans son acception la plus générale, comprend les sciences proprement dites y les arts et les métiers. Mais on peut distinguer ces trois mots en disant que les arts et les métiers, opérations pratiques, sont les applications des sciences proprement dites, ou connaissances plus spéculatives.
372. Le classement des sciences sera longtemps, toujours peut-être, provisoire. Supposons qu'un penseur trace un arbre généalogique des branches actuelles de la connaissance : les spectateurs de ce tableau synoptique ue se confieront pas sans réserve à la croyance en son exactitude. Il y a peut être, dans Tarbre dessiné, quelque rameau parasite ou mort qu'il faut couper, parce qu il représente quelque série de notions imaginaires, telle que la magie et V alchimie, rêvées par la folie humaine.... Ou bien tel rameau, figurant une seule science, doit se scinder en plu^ sieurs, représentant diverses sciences... Ou plusieurs rameaux , séparés pour figurer diverses sciences mal à propos distinguées l'une de l'autre, doivent se réunir en un seul, où devra s'inscrire le nom d'une science rendue à son unité. — Qui sait? dès demain peut-être, l'observation de faits nouveaux obligera de recommencer Tœuvre entière de la classification.
* Vico.
373. Peu importe : cette œuvre, à retoucher sans cesse, n'en est pas moins utile. Toutes ces haltes que fait l'esprit de méthode augmentent ses forces pour tendre à des résultats plus perfectionnés. <( Pru' a dens interrogatio , a dit Bacon , est dimidium <i scientiœ : vaga enim experientia et se tanium se" « quens, mera palpatio est, et homines potius stuce pefacit quam informat. »
374. Loin de nous la prétention de signaler les vices des divisions générales des sciences, qu'on a proposées soit autrefois, soit de nos jours, et de leur substituer d'autres divisions.
Ce travail, au-dessus de nos forces» a été essayé par de grands esprits. La mort a empêché, de nos jours, le savant Ampère d'y mettre la dernière main. — Notre excellent confrère et ami M. Tillard, avocat à Bayeux, consacre à l'exécuter la remarquable puissance d'analyse que la Faculté de Paris a couronnée en lui, dans sa dissertation sur l'Ëmphytéose ^ — Mais il nous appartiendra de dire au moins quelques mots sur la place que la science du devoir occupe au milieu de l'universalité des sciences humaines.
« L*œuyre est difflcile : l'auteur a tout à créer.
Quand on voit les bibliothèques disposer encore leurs catalogues au gré de cet ordre prétendu : ouvrages de théologie, de jurisprudence^ de sciences f de lettres; les établissements d'instruction supérieure mutiler la science sous les dénominations arbitraires de facultés de théologie^ de droit, de médecine, des sciences et des lettres; l'Institut lui-même, ce premier des corps savants, grouper les hommes d'élite qu'il réunit en cinq classes : Académie française, Académie des sciences. Académie des inscriptions et belles-lettres^ Académie des heauoHirts, Académie des sciences morales et
politiques Quiconque a aperçu les premiers éléments de la classification
des idées, ne peut être grandement satisfait