‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 44 sur 301 · PARTIE L — IDÉE DU DEVOIR. — UVRE II. ftl · texte numérisé non relu

PARTIE L — IDÉE DU DEVOIR. — UVRE II. ftl

S6, Ces idées, existant autrement que par la sensation, n'apparaissent pourtant qu'à l'oceasion de la sensation. Si nous reprenons la troisième des métaphores employées ci-dessus par nous» nous dirons : Les reliefs de la matière moulée nous font seuls eoniiattre les contours du moule existant dans notre es* prit, qui détern^ine ces reliefs.

67* A l'inverse, nulle sensation ne peut exister, sans que ces idées apparaissent. Reid avait seulement signalé comme un phénomène fréquent leur simultanéité avec les idées apportées par l'expérience. Kant a démontré que, dans toute connaissance humaine, les unes sont à côté des autres. Le mot connaissance ne peut ôtre pensé sans entraîner cette dualité d'éléments inséparables.

68. Les conceptions de temps, d'espace, de cause, deviennent ainsi le bagage indispensable du voyageur aux régions intellectuelles. Essayez de concevoir l'idée d'un spectacle vu, d'un son entendu, sans placer ce spectacle, ce son, dans un point de l'espace, dans un degré du temps, sans y rattacher la notion de cause ou d'effet! vous ne le pourrez.

59. Nous n'avons pas à faire la nomenclature de ces conceptions « dont il est impossible de se rendre compte autrement qu'en disant que telle est notre constitution *. » Nous laissons aux philosophes le soin

à un autre, et non l'idée d'espace ; que Fidée d'addition de temps au temps, et non l'idée d'éternité ; que l'idée de succession habituelle de faits particuliers et contingents, et non les idées d'universalité et de nécessité ; enfin que ridée de juxta-position d'être finis, et non celle de l'infini.

« Reid. %

de compléter les dénombrements qu'on en a présentés jusqu'à ce jour.

60. D'après ce qui précède, on voit pourquoi les idées nécessaires prennent le nom d'idées premières, bien que, dans Tordre chronologique , elles n'apparaissent qu'au second rang, après que les idées venues de la sensationles ont réveillées. — C'est d'abord parce qu'elles ont l'avantage par l'importance : en effet c'est sur elles seulement que l'intelligence peut édifier des jugements. — C'est ensuite parce qu'elles sont indéfinissables, faute de rencontrei* au dessus d'elles aucune idée supérieure dont elles puissent éti*e présentées comme des subdivisions.

61. Avec Leibnitz, avec Reid, avec Kant, admettons deux modes d'acquisition des idées : la sensation et les formes de Tintelligence. Inclinons-nous devant l'observation attentive qui constate leur présence, et suivant le conseil de Platon, élevons-nous vers Dieu sur les deux ailes qu'il nous a données.

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