Noms des diverses séries de 77. Désir de la certitude
lois. 78. Difficulté de la recherche de la
7A. Lois dans le sens spécial du mot, certitude,
c'est-à-dire lois du devoir. 70. Scepticisme.
75. Recherche de la science, c'est- 80. Division du scepticisme en défià-dire recherche des lois. nitif et provisoire. Charme de cette recherche.
71. De la perception de l'idée essayer de passer à l'affirmation de la réalité, c'est prétendre à la connaissanœ^ ou science. La science, dans le sens le plus général du mot, est « l'exposition de ce que les choses « sont^ )) dans le petit coin de l'immensité soumis ici-bas à notre courte vue^.
72. Or la science ne se préisente pas comme le ré* cit d'une série de phénomènes^ montrés un à un, sans
* Comte, Traité de législation,
« La science n'est autre chose qu'une image de la vérité. Car la vérité dans la réalité des choses, et la vérité dans la connaissance ne sont qu'une seule et même vérité, et ne diffèrent pas entre elles plus qu'un rayon de lumière direct d'un rayon réfléchi. » (Bacon, De augm, scient ).
* < La Divinité, dit Montaigne [Essais, liv. IL chap. xii), aune juridiction infinie au-delà de ce petit caveau où tu es logé. C'est une loi municipale que tu allègues. — Tu ne sais pas quelle est l'universelle. »
Comparez, sur cette idée, le bel ouvrage de M. Jean Reynaud, Terre et Ciel.
' Ce qui apparaît : du mot grec cpàivojxal, 9aiv6{ji£vo;.
PAMTIB a -« FOI AU DBVOIR. *-- UVIIB I. tt
ordre. A la Tue de la reprodoûtHm des mèmei {rfiénomènes dans les môroes oiroonstances, un procédé de l'esprit, nommé inductiotif croyance instinctive à la régularité de Tordre de la nature et croyance réfléchie à la sagesse de son auteur, ftiit naître l'idée de certaines forces générales qui ramènent constamment ces phénomènes. Ces forces ou puissances ^ prennent le nom de règleSy ou de prineipe$, ou de causes, ou enfin de lois. Chacun connaît cette définition donnée par Montesquieu : < Les lois sont les rapports néces- « saires qui dérivent de la nature des choses ^. Dans i( ce sens, ajoute*t-il^ tous les ôtres ont leurs lois', a « C'est une loi que celui qui est privé de la quantité « d'air respirable qui lui est nécessaire » soufA^ et
« meure C'est une loi que td grain germe et se
« multiplie s'il est dépofié dans la terre, qu'il se ré* « duise en cendres s'il est exposé à l'action du feu^ » 73. On distingue outre elles les innombrables lois comprises dans la définition de Montesquieu, en ajou-> tant comme complément, au mot lois, les noms des
* Comte {Traité de législation).
< Toullier a tort do rejeter cette définition, qne M. Duranton justifie. D'auiraimiteQrslaaioditait,Qn4is«iiti I>e9 loitwntlwr^wftaia «Iwrap»
jwrts. Nous aimenons mieux dire : Les lois sont les causes des rapports. Au surplus, la pensée de Montesquieu est olalpe^ malgré ui» pea d'iiieKac- Utad» âa&a répression,
5 Sur l'étymologie du mot /ot, voyez Varron, De linguâ /alind, lib. VI, n® 66, édit Nisard. — Comp. Gicéron (De legibus, lib. i).
* Comte. {Traité de législation.)
Les dieux mêmes, dans l*antiqttité, dtaknt regardés comme eomnls à des Ida: « La loi, dit Plutarq«e, m la ms» ûm mortels «i dm immonels.»
Mardoa (fir. S, Dt'a. demt^ etiure,^ lib« I» tit ii) rappelto cetta définition du ilftlatta Quy«ippe c *0 vénac fwvxc^v l9%\ ^0«m« 6«iuy f« nui Mçmmi^im
divers ordres de phénomènes que les lois régissent* C'est ainsi qu'on dit : les lois de la physique, de la géométrie, de Tart dramatique, de la perspective, de la grammaire, du cœur humain, etc.
74. Parmi les diverses lois, il en est qu'on désigne suffisamment en prononçant le nom seul de lois y sans avoir besoin de déterminer cette désignation par un complément adjectif. Ce sont les lois dont s'occupe cet ouvrage, les lois du devoir.
75. En résumé aspirer à la connaissance, c'est vouloir comprendre <( les lois dernières * » de toutes choses. — Cette aspiration a un charme invincible. <c Si l'on proposait aux personnes qui aiment les mé- « ditations philosophiques, la vérité toute faite, elles (( n'en voudraient pas. Elles préféreraient, dit Les- « sing, sa recherche à sa possession. »
76. Au charme de l'aspiration se joint l'espérance de réussir. Cette espérance trouve un commencement de satisfaction dans un sentiment confus de l'expHcation des mystères à pénétrer. Ce sentiment produit les hypothèses, c'est-à-dire les suppositions possibles des réponses aux questions posées. La curiosité s'empare de ces croyances spontanées , premier aliment apporté par une inspiration qui cherche à deviner^.
77. Mais les hypothèses se multiplient. Bientôt leur richesse stérile nous pèse. Parmi les réponses
< Teunemann, Manuel de Vhistoire de la philosophie»
* L'hypothèse est le premier degré de la science, ou du moins le premier échelon pour en approcher. Le grand apôtre de l'observation, celui qui voulait donner à l'esprit humain, non des ailes, mais des semelles de plomb^ Bacon reconnaissait la puissance légitime de l'hypothèse, qu'il ap-