‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 53 sur 301 · PARTIE n. — FOI AD DEVOIR. — UVRB l, (M · texte numérisé non relu

PARTIE n. — FOI AD DEVOIR. — UVRB l, (M

diverses qu'elles apportent aux questions qui nous tourmentent, comment reconnaître celles qu'il faut rejeter comme de vains songes, et celles qu'il faut conserver comme révélations de la vérité? L'esprit désire le savoir, ou sinon il se sent mal à Taise. Un besoin impérieux natt en lui : il veut croire à sa puissance, il attend d'elle des procédés pour arriver à la certitude du vrai.

78. La certitude. ... hélas! en la cherchant, l'intelligence trébuche devant mille obstacles. La route est si ardue et le sommet si élevé, qu'à chaque instant, comme Sisyphe, elle retombe au point de départ. Ces chutes multipliées la découragent. Gomment trouver cet aliquid inconcussum que demandait Descartes, ce point d'appui où se posera le levier intellectuel pour soulever le monde des mystères? — Voici venir tels penseurs qui proposent le sens intime ou l'autorité générale. Un troisième n'admet que l'observation extérieure et le raisonnement. Un quatrième ne croit qu'à la tradition d'une révélation venue d'en haut. — Déplacé chaque jour par ces disputes , le centre cherché a paru insaisissable. La lutte des philosophies a semblé ne démontrer qu'un fait, la faiblesse de toutes * : c Tou-

pelait « odoraiio quœdam venatica,»-'* Recte quidem Plato : < Qai al/quid « quœrit, id ipsum quod quserit generali quadam notione comprehendit. « Aliter, qui fieri potest, at illud, quum fuerit inventum, agnoscat? Idcirco « quo amplior et certior fuerit anticipatio nostra, eo magis dirçpta et com- « pendiosa erit investigatio. » {De augm, scient, ^ lib. V. cap. m.)

' < Perturbât nos opinionum yarietas, hominumque dissensio. n

{Cic^De legibus.) « Toutes ces terres trop remuées et devenues incapables de consistance, tombèrent de toutes parts, et ne laissèrent plus voir que d'effroyables précipices. » (BOSSUBT.) L 5

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jours de la lie, même dans les vases d'élection! toujours des signes d'impuissance à côté des signes de force*! »

79* Au milieu de c< ce crépuscule de la vie hu- « maine'y » déchirée par les contradictions, fatiguée de voir les hypothèses les plus diverses tour à tour encensées, puis méprisées, l'âme s'est écriée avec Pascal : <( Nous brûlons de trouver une assiette ferme « et uoe dernière base constante pour y édifier une « tour qui s'élève à l'infini; mais tout notre fonce dément craque et la terre s'ouvre jusqu'aux « abtmes. » — C'est ainsi que la lassitude a laissé le doute grandir jusqu^à poser cette cruelle question préalable : L'homme est-il fait pour connaître par luimême la vérité sur toutes choses, et notamment sur le devoir ?-«- Ce doute est connu sous le nom de scepticisme.

80. Nous reconnaissons deux sortes de scepticisme : le scepticisme définitif et le scepticisme provisoire.

Le premier écarte la foi à l'intelligence, sans Tien mettre à la place, en posant le doute comme le dernier effort de l'esprit humain.

Le second ébranle la foi à l'intelligence, pour l'absorber entière ou presque entière dans une autre foi; la foi à la révélation positive.

Les titres suivants vont nous entretenir de ces deux scepticismes.

A Loois Reybaud, Études mr les réformateurs corUemporaitis. < HelTétius, Discours entre un déiste et un athée.

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