‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 69 sur 301 · PARTIE a — FOI AU DEVOIR. — UVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE a — FOI AU DEVOIR. — UVRE I

« donner à ceux qui nient la raison ^ » a Si je renonce a à ma raison, je suis réduit à cette extrémité, de dou» (( ter si une chose peut tout ensemble être et n'être « pas. Je ne puis me prendre à rien pour m'arrêter « dans une pente si effroyable. Il faut que je tombe « jusqu'au fond de l'abîme ^. »

1 00 . Jurisconsulte , nous écrivons pour des hommes de pratique. Le premier conseil que nous devons leur donner, c'est d'appuyer leurs études sur la philosophie. Mais le second que nous ajoutons aussitôt, c'est d'éviter ce que l'école écossaise appelle la maladie métaphysique, comparable k l'effort des géants escaladant les cieux. A quoi bon s'évertuer à soupçonner une erreur miiverselle dans le mot être, créé par l'instinct de toutes les langues du monde? Faut-il donc attendre préalablement d'être devenu un Dieu pour étudier l'homme ^? — Prêchons bien plutôt la philosophie naïve {non simulata) qu'un de nos maîtres, Ulpien, recommande *. Hommes, ayons foi à la conscience humaine ! Ou bien, conséquents jusqu'à l'ab-

c la combinaison des êtres existants. Les hommes n'inventent pas les êtres, « ils les déplacent. »

(De Bonâld, Législation primitive, liv. II, chap. i, S 18.)

*■ Bénard; Précis de philosophie (Logique, chap. i).

* Fénelon, Existence de Dieu, partie II, chap. i.

t ' < Négliger de perfectionner la faculté de connaître sous prétexte qu'il

' « y a des choses qui sont au-delà de sa sphère, c'est un chagrin puéril

« tout-à-fait inexcusable. Car je vous prie, un valet paresseux et revêche, tt qui, pouvant travailler de nuit à la chandelle, n'aurait pas voulu le faire, c aurait-il bonne grâce de dire, pour excuse, que, le soleil n'étant pas levé, « il n'avait pas pu jouir de l'éclatante lumière de cet astre? »

(Locke, Essais sur l'entendement humain, avant-propos.)

* Prl 1, princ. Dig., Dejustitiâ et jure (lib. I, tit. i).

. « La philosophie, a dit Jouffroy, n'est guère que le développement des

« croyances du bon sens. »

surde, refusons à Dieu lui-même le droit d'avoir foi à sa conscience divine. Car si la subjectivité d'une conscience lui ôte toute autorité, alors, comme le fait observer M. Cousin *, Dieu ne peut, par la subjectivité de la sienne, s'affirmer objectivement son existence immuable ; et ce Dieu est aussi condamné au a septicisme! »

TITRE V

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