‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 82 sur 301 · PARTIE n. — roi AD DEVOIR. — LIVRE IV. m · texte numérisé non relu

PARTIE n. — roi AD DEVOIR. — LIVRE IV. m

« moins, on la place ordinairement dans les répu- « bliqiies et on Ta exclue des monarchies. EnGn, « comme dans les démocraties le peuple parait à peu a près faire ce qu'il veut, on a mis la liberté dans ces « sortes de gouvernements, et on a confondu le pou- « voir du^ peuple avec la liberté du peuple *.»

On le voit : le mot synonyme du mot liberté civile et politique serait étendue du pouvoir légal d'agir à sa volonté. Il est bon de respecter le vœu des nations, en leur laissant cette liberté. Nous reviendrons sur ce sujet quand nous distinguerons attentivement la morale et le droit.

130. Mais ce que nous avons à démontrer en ce moment» c'est la différence de ces trois libertés de l'action, liberté physique, liberté morale, liberté ci^ vile et politique y avec la liberté proprement dite, ou liberté métaphysique y c'est-à-dire la liberté de la volonté.

La liberté métaphysique est la faculté de vouloir ou de ne pas vouloir ^ . L'action suit, si elle peut. « L'ac- (i tion naît du vouloir et du pouvoir joints ensemble ^. » — L'usage actuel et déterminé de cette faculté s'appelle volition.

Les obstacles matériels qui s'opposent à l'action n'empêchent pas la volition. Le prisonnier < est libre : « il peut se résigner ou chercher des moyens de déli*

* Esprit des lois, liv. XI, chap. n.

* Simon, Le Devoir, partie I.

Le mot liberté vient, dit-on, de libra, balance ; parce que Tôtre libre pèM les motifs qui le déterminent à vouloir ou à ne pas vouloir.

s Leibnits, Nouveaux Essais sur Veniendemeni humain»

c yrance Le moine, condamné au silence, ce muet

« qui ne peut plus même pousser un sanglot, est en-

ic core capable de s'indigner et de frémir Ne pas

a voir la toute*puissance de la liberté sous Fimpuis- « sance de la force limitée , c'est faire une confusion i( grossière, c'est prétendre qu'on n'est pas meurtrier a quand le pistolet chargé, qu'on tire sur autrui pour « le tuer, vient à rater. Même dans le système de Mal- « lebranche, où Dieu est chargé d'exécuter ce que je « veux : « Je rêve ma puissance, mais je possède ma liberté*. »

131. Eh bien ! cette liberté de vouloir ou de ne pas vouloir, l'avons-nous réellement? Toutes les fois du moins que la folie n'altère pas nos organes?

Sommes-nous maîtres absolus de nos déterminations dans un premier degré, c'est-à-dtre libres de diriger notre intention de nous abstenir?

Sommes-nous maîtres absolus dans un second degré, c'est-à-dire libres de diriger notre intention d'agir?

Sommes-nous maîtres absolus dans un troisième degré, c'est-à-dire sommes-nous libres de diriger plus ou moins nos pensées ? Non pas jusqu'à faire naître, à notre gré, toute pensée ; non pas jusqu'à empêcher ix>ute pensée, ou telle ou telle pensée de naître ; non pas, si elle est née, jusqu'à l'écarter sans effort : mais du moins en ce sens que nous puissions lutter avec plus ou moins de succès pour écarter telle ou telle pensée, en y substituant la distraction de telle ou telle autre ? De sorte que, l'habitude aidant par l'association

* Simon, Le Dmfwf, partie I.

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