‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle du Code NapoléonChapitre 93 sur 301 · C'est ici que la philosophie arrive à cette · texte numérisé non relu

C'est ici que la philosophie arrive à cette

* M. Tabbé Gratry, De la connaissance de Dieu.

* < Les choses tout à fait mauvaises, on ne les veut pas, » dit Platon [Gorgias, traduction de M. Cousin).

« Il suffit de bien juger pour bien faire... Omnis peccans est ignorans,

(Descartes.)

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paitie d'elle-même que nous aTona appelée religUhi * • Sans cette partie, elle est incomplète. La raison qui s'est bien comprise ne peut croire que tout lien soit brisé enti*e elle et son auteur. Dire à l'homme, tu peux tout, même forcer la main à Dieu^ c'est lui inspirer un dangereux orgueil. Sans le décourager, sans nier les mérites du bon usage de la liberté, ne faut«il pas lui laisser entrevoir quelque chose à obtenir de la bonté du père des humains?

Les plus haut placés entre les philosophes ont aperçu cette nécessité. Platon , dans le Ménon, rapporte la vertu à la grâce ^. Écoutons, parmi les jurisconsultes proprement dits, Puffendorff : u Si <x Dieu devient en quelque manière débiteur des hom*- « mes , ce n'est jamais qu'en vertu d'une piM>- (( messe gratuite ^. » Et Descartes fait aussi cet aveu : « Nous ne pouvons ne pas croire que toute « chose dépende de Dieu, et que par conséquent notre te libre arbitre n'en est pas exempt ^. »

IKK. Mais ce lien entre le Créateur et la créature, ce lien révélé par ce qu'on appelle la foi naturelle ^ ,

1 Les premiers chrétiens appelaient la religion philosophie, V Religion, ^ftfod ligat i «Ce qui rattache le flnil^ riafinl,» suivant saint Augustin, ou a ce qui rallie et unit ensemble les hommes, que leurs pas- « sions rendaient sauvages... » suivant Fénelon.

* Analyse d'une leçon de M' Adolphe (jl^miep, par M- BIgault.

{Journal des Débats du 8 mars 1855.) Montesquieu {Esprit des lois, liv. X) emprunte aussi cette pensée à Platon : a Ceux-là sont impies envers les dieux qui nient leur existence, ou « qui raccordent, mais soutiennent qu'ilt ne se môlent paa des choses • d*iei-bas. »

3 Droit de la nature et des gens (liv, I, chap. ix, S &•)

* Lettra VII à la prineease Palatine. Édition Oamier.

* Voir M. Tabbé Gratry, De la connaissance de DieUf partie U, chap. ui.

PARTII n. -^ FOI AU DEVOIR. -** LIVRE IV. ISS

quoUa étendue a-t-fl? Il n'est pat de question plus fondamentale que celle-là. Bossuet la pose en cU.- 9fmt : (< L'homme s'agite et Dieu le mène^; y^ mais qm la résoudra? Elle divisait, chei; les Juifii, les pharisiens et If a sadducéens, comme chez les mahomé" tans elle divise les sectateurs d'Omar et ceux d'Ali ^ C'est par elle évidemment que la raison^ sentant sop impuissance, arrive à reconnaître (( la possibilité, a Tutilité et la nécessité d'une révélation divine^. »

Qu'il nous Buifiae d'avoir aiasi montré par quel chemin la raison droite arrive à la religion naturelle, puis à la révélée. Il appartient aux apôtres de cette religion révélée de formuler plus complètement la conciliation de la liberté et de la grâce. Difficile est O0tte conciliation. Après avoir combattu les Manichéens qui donnaient trop peu au libre arbitre, saint Augustin combattit Pelage qui donnait trop à ce libre arbitre. Il mérita le nom de docteur de la grâce en

faisant pencher du côté de celle-ci la balance. —Saint

Thomas d'Aquin la fit pencher plus encore, et trouva pour adversaires les Franciscains et d'autres théologiens. *— Calvin fit de l'homme un instrument passif de la volonté divine . Luther fut moins absolu. Les

successeurs de Calvin euvmémes abandonnèrent sa

* « Mot profond et vrai, s'il veut dire que Thomme ne peut point con- « trarier les desseins de Dieu en abusant de la liberté, et qu'il servira « malgré lui Tordre du monde par ses malheurs et son expiation ! »

(M. Laboulaye, Journal des Débats du 5 mars 1854.)

* Le Coran dit, comme l'Église chrétienne, que « la foi est uneLfaveur < de Dieu, qu'il l'accorde à qui il veut.» (Chap. xlii : l'Assemblée^ vers. U),

' Perrone, ii, 1308, cité par M. l'abbé Gratry {De la connaissance de Bieu, partie U, chap. iv).

doctrine. — MoUna et Suarez prCchèrent la concilia* tionde la grâce avec la liberté. On sait leur lutte contre les Jansénistes et la condamnation de ces derniers par les décisions pontificales des années 16S3, 1656 et 1665. — Chaque fois que ce problème s'agite^ rhumanité sent s'agiter sa destinée tout entière. Qu'elle se repose dans ce terme moyen enseigné par rËglise : La grâce n'impose aucune violence au libre arbitre*; le libre arbitre est in^puissant s'il n'est aidé. Nous n'avons pas à approfondir cette grande question. Mais puisqu'à chaque découverte que feront les sciences, doit apparaître un des rayons qui illumineront ces mystères , essayons humblement d'apporter notre tribut en éclairant, s'il se peut, la direction de la liberté, de cette incontestable liberté, c< qui s'étend « aussi loin que Dieu l'a voulu, limitée par la destinacction que Dieu lui a donnée ^. »

« < Gratiae efficacia nullom infert homini neoessitatem : sed homo liber « est in actibus salutaribus. u

(M. Tabbé Gratry, Compendium fidei catholicœ; à la fin du Traité de la connaissance de Dieu,) « La volonté peut résister à la grâce : sans cela je n'aurais aucun mérite « ni aucun démérite. C'est le principe de toute morale. »

(FÉNELON, De V existence de Dieu,)

* Stahl, cité par M. Tillard, Analyse, classement et nomenclature des divers ordres de lois et de phénomènes moraux et politiques, S 9,

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