Point 4e l<tt fMuliaUfe
185. Nulle action libre ne peut être à la fois juste et injuste. — Mais en est-il qui ne soient par ellesmêmes ni justes ni injustes , de sorte qu'on puisse les
* « Gomme le fer, mis au feu, perd toute sa rouille et décent tout èn- ^ flammé, ainsi rhomme qui se donne entièrement à Dieu , se éépouille « de la tiédeur et ee transforme en un faoïmne nouveau. »
{ItnitatUm de Jém$^ Chriit^ iir» U* ebiHD* f^')
in CONSCIENCE ET SCIENCE »U DEVOIR.
cofi^cmuner ou les omettre sans encourir un blâme comme sans mériter un éloge?
Nous ayon]s, dès les premières pages de notre traité {Voyez n^» 66, 66), décidé cette question. La distinction du Juste et de Tinjuste nous est apparue panni les idées nécessaires, dans les formes mêmes de l'intelligence. Or, le propre d*une idée nécessaire est de se présenter à l'occasion de toute sensation sans exception. — Démosthènes a dit exactement * : «Toute <:< action, toute parole est toujours marquée du caracc< tère de la justice ou de Tinjustice. » Croire qu'il peut n'y avoir ni bien ni mal dans certains exercices de la liberté, c'est prêter à Dieu, envers son œuvre, une insouciance qui blesse l'idée de la suprême harmonie de ses pensées.
1 86 . L'impossibilité des actions libres indifférentes est, à notre avis, mathématique en théorie . Mais Descartes explique fort bien comment,^ en pratique, la possibilité semble s'en présenter aux esprits inattentifs : « L'indifférence, dit-il, me semble signifier pro- « prement un état dans lequel la volonté se trouve, c< lorsqu'dle n'est point portée, par la connaissance c< de ce qui est vrai ou de ce qui est bon, à suivre un ce parti plutèt que l'autre. . . L'homme est d'autant <:< plus indifférent qu'il connaît moins de raisons qui c< le poussent à choisir^... » On le voit: la scjence actuelle incomplète peut étourdiment appeler indiffér
* Contre Ariitoerate,
« Le mal et le bien ne jumraient marcher de pair. »
(Coron, ehap. xu, les Développés, vers, Biu)
^ Descartes, édition Gamier, tom. IV, lettre xbvii, pag. 135.