PARTIE m. --CONSaENCE DU DEVOIR. — UVRE I
rentes des actîcHis dont elle ne voit pas suffisamment la nature morale ou immorale ^ . c< Tam bonum qùam « nialum in verum et apparent dividimm^. » Mais vienne une plus grande lumière, et elle reeonnaltra qja'm réalité il ne peut y avoir d'état neutre dans lequel « Deus hominesque nec amentur, nec odio hor « beantur^. » — J'entends ici les plaisanteries des esprits frivoles. Ils^vont demander si, en sortant de sa ctiambre, il faut partir du pied droit ou du pied gauclie, et si, en y restant, il faut s^ inquiéter, comme le malade imaginaire, de s'y promener en large ou en long?... — Laissons-les, à propos de ces exemples, confondre la pensée morale qui fait chercher un mouvement utile, avec le moyen physique de produire ce mouvement ; et disons sérieusement que les choses seraient bien mieux sur la terre si„ au lieu de dépenser la plus grande part de la vie en fantaisies qu'une égoïste étourderie croit innocentes, chacun se demandait, à chaque heure qu'il va employer, le moyen d'en faire le meilleur usage possible dans l'intérêt de tous. Que de misères seraient évitées par l'unicm de tous les hoimnes dans cette sainte conspiration de la charité!
1 87* Si toute action est nécessairement ou ordonnée ou défendue, s'il n'en est aucune qui soit simplement permise^ il ne faut reconnaître que deux classes de
* Môme dans cette supposition, l'action cesse d'être indifférente dès que nous l'ayons choisie. — « En l'effectuant par caprice et pour montrer sa « liberté, le plaisir ou l'avantage qu'on croit trouver dans cette affectation « est, ditLeibnit?, une des raisons qui y portent. >
^ Daries, InstitutionesjurUprud^niiœ universalisa cap. I, $ 38.
^ Gumberland, De legibus natttrœ.
f» .. CONSCraiGB MT SCIENCE DU DEVOIR.
}oAb moralitt, savoir r les lois impératives et les probttHttves^ Beartons une troisième classe, déôgnée par c^te expression : Uns permissives ou factUuuives.- IM$<mB aTM Grotms : « Permise proprie non actio ii est ligis, sed actionis negattoK x> PiiffendoriT se Mnge à cet avis.
tl. -^ Ll MOIT M n DIStlBaOB PAS W 0BVOm.
c Si je n'ayais pas le devoir sacré de respecter ce qui i fait ,mt per9onne, j# n'aurait pat le cbrt it de U 4éfendre contre vos atteintes. * t t . < , - (Govsm, Le Vrai, U beêu, U Mi», 14* leçoB^
a La société ne peut punir qnt parce qu'elle Ib doit. » , {ld..f traduction de Platon, tome III,
Çorgias^ arg. p. 367.)
189. BioplMcontacrédumotdrotf. 102. Anciônoeté de cette théorie.
180. Inutilité du mot droit. 193. Véritable nom du droit : devoir tmk lù^nÛtéàeêtàatidéV9lr endroit. oeHf.
191. Le drok n'exiate qu'en tant 194. Importance pratique de cette qu'il est un devoir. définition du droit
188. Vous allez, lecteur, crier au paradoxe. Veuillez nous lire attentivement, et vous vous convertirez peut-être à notre affirmation.
Jusqu'à présent nous avons prononcé surtout le mot devoir^ Le mot droit est resté à peu près étranger à notre langage. Allons-nous continuer de l'évit^ à dessein? Nous le pourrions. C'est un parasite dont
* De jure belli et padSy liv. I, chap. i, S 0. — Comp. $ 10.
Barbeyrac, Burlamaqui et d*auiTes auteurs, conformément au texte de ModestinuB (fr. 7, Dig., De legibus^ lib. I, tit. ui), ont soutenu ropinion contraire. Ils croient qu*on a la permission de faire ou ne point faire ce qui n'a pas une convenance ou une disconvenance absolue et essentîeUe avec la nature et Tétat de l*homme.lMais qu'est-ce qu'une convenance ou discon. renance absolue ou non, essentielle ou non?
Montesquieu [Esprit des lois, liv. XIX, chap. xiv) suppose aussi « des » choses indiflérentes qui ne sont pas du reisort de la loi,» mais il parle de la loi positive. Nous reviendrons sur ce point.