‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 112 sur 280 · PARTIE m. ^ GONSClEI<iGE DU DEVOIR. — UVRE h · texte numérisé non relu

PARTIE m. ^ GONSClEI<iGE DU DEVOIR. — UVRE h

qui non seulement obligent le débiteur à soufTrir la réclamatron légitime d'un créancier, mais qui obligent le créancier à faire cette réclamation.

Vous^ m*avez prêté 1,000 francs, vous les réclamée, je TOUS les rends; vous êtes mon père, vous

m'imposez une punition, je Taccepte Je subis

le devoir passif, le devoir que tout le monde appelle ainsi.

Mais vous, créancier de ces devoirs contre moi, vous êtes déWteur d'autpfes devoirs envers autrui, envers Tous-mêmè, envers Dieu. Cest pour y satisfaire que vous me demandez 1,000 francs, ou que, père

désolé, vous frappez ou maudissez Exercer ainsi

votre droit contre moi , ce n'est rien autre chose qu'exercer un devoir actif envers Dieu, envers autrui, envers vous-même.

Dans le devoir passif, la dette apparaît au premier plan. — ^Dans le devoir actif, elle appstratt au second plan,

194. Qu'on ne nous accuse pas, en proférant au mot droit le mot devoir actif, de faire des subtilités

inutiles L'homme qui se persuaderait que tous les

actes de sa vie sont des devoirs, réfléchirait plus sérieusement qu'on ne le fait d*ordinaîî*e avant de tes commettre. — Ahrens fait observer que le législateur lui-même perfectionnerait son oeuvre, s'il analysait de cette manière l'essence du droit.

Il regrette que, dans les lois positives, on néglige trop « de considérer sous cet aspect les prétentions ju- « ridiques. On méconnaît par là, dit-il, un côté très ce important du droit, la réciprocité de l'obfigatîon et

(( de la prétention : mépris qui peut avoir de funestes « résultats pour la vie sociale *. »

N'est-ce pas cette même théorie qui vient (f inspirer un professeur de la faculté des lettres de Caen*, lorsqu'il représente rhumanilé passant par trcris â^es successifs, dont le dernier réalisera Tabsorption du droit dans le detoir? Voici l'analyse que nous trouvons de cet enseignement dans la Revue des Cours publics ^ :

« L'humanité est^ à Forigîne , conduite au but où a Dieu l'appelle par ses instincts et ses passions. c< C'est son premier âge.

ce Elle passe de cette servitude, dont elle s^affranchit c< peu à peu, mais non sans de violentes agitations, au ce régime à demi libre du droit, qui se substitue à ce l'instinct passionné et continue son œuvre. C'est ce son second âge.

ce Elle finit par s'élever de cette demi-liberté à la ce liberté pleine et entière, à la liberté virile, . ayant ce conscience d'elle-poiéme. Elle n'a plus alors d'autre ce guide, d'autre conseil que le devoir. C'est son troîce sièmô et dçrniQr âge.

ce Ce que nous faisons, tous tant que nous sommes, ce d'abord par passion, ensuite en vertu d'un droit, efa forçons-nous de nous, élever à cette hauteur morale ce où nous ne le ferons que pour accomplir un devoir.

ce L'instinct s'émousse, le droit change, le devoir

1 Ahrens, Cours de droit naturel, partie générale, chap. ii, S 3.

* M. Charma.

9 Numéro du 30 septçmt)re 1855.

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