Science du devoir : science des
déductions du premier principe. Renvoi.
201. Celui qui croit voir son but en songeant à lui seul, par cela même ne le voit pas. Il faut que l'idée de but, pour être bien comprise, apparaisse considérée dans la création entière. L'ensemble ne peut fonctionner que si les parties s'harmonisent. La pluralité cesserait d'être, si chaque miité qui la compose tendait à absorber les autres à son proût. Le but de chacun ne peut être qu'une portion du but de tous.
Ainsi, à l'inverse de la sensibilité qui pousse au déyeloppement exagéré de T individualité , l'intelligence proclame la restriction de l'individualité au profit de la généralité. La direction do la liberté se révèle à elle sous la forme d'un partage des lots de plaisir dont les hommes doivent se contenter, et des lots de douleur qu'ils doivent accepter, en s imposant.
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dans leur intérêt mutuel, certaines abstentions, certaines actions, et Thabitude de certaines pensées.
En résumé, rechercher le bien de tous au moyen de sacrifices réciproques, voilà le premier principe dii devoir : c'est ainsi qu'il résulte, idée nécessaire luimême, de la combinaison des idées nécessaires* — Nous formulons ainsi cette révélation de la conscience morale : Assistance due par tout être a tout être.
202. L'assistance se produit de denx manières. Les services se divisent en services négatifs et services positifs K — Les services négatifs résultent de l'abstention. Ils consistent à ne pas faire quelque chose qui diminuerait le bonheur d'un être, par exemple à ne pas frapper son corps, attaquer son honneur, troubler ses affections. — Les services positifs résultent de l'action. Ils consistent à faire qudque chose qui donne du bonheur à un être, par exemple à lui fournir les aliments, les consolations, l'instruction qui lui manquent.
203. Les préjudices se divisent de même enpréju^ dices négatifs et préjudices positifs ^, selon qu'ils consistent k s'abstenir d'un fait qui augmenterait le bonheur d'un être, ou à commettre un fait qui diminue le bonheur d'un être.
204. Une semblable distinction s'applique aux devoiris. — Le devoir de rendre des services positifs prend le nom de devoir positif. Le devoir de rendre des services négatifs prend le nom de devoir négatif. — Des philosophes ont donné au premier le nom de de-
< On dit aussi, en empruntant des expressions latines i Services m omit* tendo, services in committendo, * Ou préjudice» in omittendo^ et préjudices in committendo.