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Aussi nous nous étonnons que Leibnit2 ait accusé la règle posée par saint Luc et par saint Matthieu d'une insuffisance qui a besoin « non seulement de « preuves, mais de déclarations*... On voudrait trop, <( dit41 , si on était le maître. Est-ce donc qu'on doit « trop aussi aux autres ? On me dira que cela ne s'en^ « tend que d'une volonté juste ! . . . Mais ainsi cette règle, «c bien loin de suffire à servir de mesure, en aurait a besoin. * » — Noas répondons : Cette objection re* pose sur une interprétation inexacte de la règle. — Cette règle, Leibnitz semble d'une part Tentendre dans un sens relatif, en l'appliquant h un individu considéré vis-à^vis d'un seul individu. D'autre part, il en restreint les termes en les appliquant aux actions seule^ ment et non aux abstentionsé II mutile ainsi le précepte : FcUé à autrm ce que tu veux qu'on te fas$e , en risolant de sa contre-partie : Ne fais pas à autrui ûê que tu ne veux pas qu'on te fasse.
Lfeibnitz tombe ainsi dans deux erreurs.
Première erreur : Le texte de T Evangile met Tin* dividu en regard de tous les autres hommes (voya le pluriel 7(omtne$), en le conviant à /eur faire ce qu'il veut qjûiih lui fassent.
Deuxième erreur : En supposant que le texte du livre de Tobie, qui se contente du singulier [ab alio^ alteri), ne soit pas corrigé impUcitem^it par celui de saint Luc; qu'il le corrige au contraire en y replaçant l'expression du singulier ; il suffirait encore de com-* pléter l'mie par l'autre la règle de T Ancien Testa-*
meut et celle de F Evangile, pour réfuter victaiîeusement, par leur fusion, Tobjection de Leibnitz.
Montrons en effet qu'en les appliquant toutes deux simultanément à chaque homme, vis-à-vis de chaque homme considéré au singulier, elles donnent encore dansison entier le principe fondamental du devoir.^r- Si^ désirant que Primus fasse trop pour moi , comme dit Leibnitz, je commence par faire trop pour Primus, je me mets dans l'impossibilité de faire assezi^ourHertius. Primus, s'il m'imite, se place envers Tertius dans la même impossibilité. Alors je fais contre Tertius ce que je ne voudrais pas que Tertius fit contre mcd, puisque je lui prends sa part des services qu'il attendait de Primus; et Primus ne fait pas à Tertius ce qu'il voudrait que Tertius lui fit , puisqu'il ne lui réserve pas une part de services égale à celle qu'il pouvait lui demander. — Ainsi , dans l'hypothèse où il ^lace seulement Primus et Secundus, Leibnitz ne s'aperçoit pas que les deux règles réunies sont violées vis-à-vis de Tertius, qu'il y a un tort fait à un homme, et que la morale est ainsi blessée par la violation de l'Évangile.
Donnons un exemple. Le geôlier doit-il mettre en liberté l'assassin prisoîmier, parce qu'il sepait charmé, s'il était l'assassin, d'être mis en liberté par le geôlier? Oui, si l'on entend la règle comme l'entend Leibnitz. Non, si on l'enteûd exactement. En mettant en liberté Tassassin, le geôlier nuit à Tertius, qui est la société. Il fait ainsi à Tertius ce qu'il ne voudrait pas que Tertius lui fit, s'il était la Société et que Tertius fut le geôlier.
Du reste, Leibnitz lui-même écarte plus loin son