PARTIE PHÉUMUf âlRE. ^ PnC^tGOUttiÈB. ^ UVRE L T
« le sens de te vue parce qu'il y" a des aveugles, ea « le mouvement parce qu*îl y a des paralyliqued. »
6. Si nous eBsaycms d'apporter notre tribut k cette science difficile, c'est d^abord parce que^ après avoir lu attentivement bien des ouvrages de propédeutique sur le sujet que nous traitons, nous n'y avons pas trouvé, quant au fond des idées, ee que nous croyons être la vérifé entière. Lorsque, dans les relations du monde 9 nous entendons affirmer des théories pré*tendues de moralité qui sont à nos yeui plus que douteuses, notre cœur s'afflige, sans que notre expé* rience s'étoi>ne« Mais lorsque ces théories nous apparaissent reproduites, au moins en partie, dans des ou* vrages médités, quand une science trop pM réfléchie formule ainsi des résultats que détruit, suivant nous, la plus simple analyse, nous nous demandons souvent en en lisant l'expression, si nous sommes bien éveillé , ou s'il faut croire à la profondeur de cette observaticm : (i Les hommes ne veulent point qu'on leur apprenne c leurs devoirs^ parce qu'ils ne veulent pas les rem« « plir *•.... »
Vous voUà, leeieur, averti* Meitez^vous en défianâe de nos excentricités^ possibles. Nous n'avons nul goût pour le paradoxe, et cependant nous serons forcé de nous éloigner souvent de ce qui est communément reçu. Aussi, nous le savons, faibles sont nos chances
1 Hubner^ Histoire du droit naturel, pai*tie U^ ^ 17.
■' Dans les sciences morales, le nombre des erreurs qui sont à détruire
excède peut-être le nombre des yérités qui sont à démontrer. »
(Gh«rlM CowTi, Traité d* légi^^^^ùm, liv. I.)
d*étre écouté. Qu'importe? nous aurons du m<Mus combattu pour la sainte vérité ^
7. Réviser le fond des idées sur le deroir^ tel est notre but spécial sous un premier point de Tue. Préciser, s*il se peut, l'exact emploi des mots de la science, tel est encore ce but sp^al sous un second point de vue ^. a En écrivant j'ai toujours t&ché de m'enten- « dre, » disait Fontenelle. Lesauteursdebeaucoupd'ou^ vrages i^osophiques semblent n'avoir pas fait constamment le même effort. Sous le vague de leurs exprès* dons on cherche péniblement ce qu'ils ont voulu dire \
Morale, droit positifs droit naturel, voilà des mots sur le sens desquels il serait bien temps de tomber d'accord. On les a employés de tant de manières ! Et d'abord, voici venir les jurisconsultes romains, apportant, sur le jttô naturale, quatre ou cinq définitions aussi inconciliables que peu raisonnables : car (ce n'est pas moi qui leur fais ce reproche, c'est Domat), « ces (( hommes, qui oat fait de si belles lois, en ignoraient c le premier principe, en croyant la société l'effet du (( hasard. > Puis, les auteurs modernes ont répété sans réflexion ces définitions, ou bien en ont ajouté un grand nombre d'autres tout aussi contestables^. Qu'il est
* Un auteur doit toujours avoir « le généreux des^sein de ne pas vivre « d'aumônes, je veux dire de ne pas se reposer nonchalamment sur des opi- « nions empruntées au hasard. »
(Locke, Euait sur l'entendement humain, préface.)
* « Une méthode de science n*est qu'une langue bien faite. > (Condillac)
' « J'entends le bruit de la meule, dit un proverbe persan, mais je ne vois « pas la farine. »
* Il ne faut pas s'étonner de ce nombre : « A l'égard des idées morales, a nous n'avons pas de marques sensibles qui les représentent., nous n'avons