‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 205 sur 280 · PARTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRB V · texte numérisé non relu

PARTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — UVRB V

Les partisans de cette seconde opinion accordent même à Tagresseur qui a eu les premiers torts, maïs qui s'arrête et offre réparation, la légitime défense contre Foffensé qui refuse de pardonner *.

Et toutefois, leurs scrupules reviennent sur le droit de tuer en légitime défense, si Ton combat contre un père, ou contre un agi^esseur dont la vie est d'une graiide utilité pour plusieurs personnes*...

Nous ne finirions pas, si nous voulions citer tous les cas de conscience proposés sur l'homicide, avec les arguments fournis en sens divers par les Saintes Ecritures '. — Le bourreau a-t-il droit aux éloges ? — Quand, à la voix d'un capitaine, des soldats fusillent un camarade condamné pour avoir injurié un caporal, font-ils acte de haute vertu? — Et que serait-ce, s'ils le savaient innocent? — Deux armées se livrant bataille sont-elles dans le devoir? Y sont-elles toutes deux? — On flagelle j^ïstement, avec Pascal, ce Lessius qui me permet de tuer le voleur fuyant avec mon cheval * ; mais on écoute avec une indignation moins résolue les graves auteurs qui mé permettent de tuer ce voleur, s'il enlève ce qui est absolument nécessaire à mon existence et à celle de ma famille **.

* Puflfendorff, Droit de la nature et des gens, liv. Il, chap. v, S 19. « Id., ibid. liv. H, chap. y, S 2,

> Voir toutes les distinctions qu'on a faites à propos du passage de saint Matthieu (chap. v, vers 30), qi;u^ recommande, quand on a reçu un soufflet sur une joue, de tendre l'autre; comme aussi à propos du chap. xxii, vers 2, de VExode» comparé au fragment 0, Ad leg. Comeliam de Sicariis (Dlg., lib. XLVm, titviii).

* Pascal, 14« Lettre provinciale.

* Klenckicis, Inêtjurii nat,^ d'après Qrotius.

Faut-il le dire? Par une singulière contradiction, ceux-là même qui écrivent : « La coascience prononce a d'une manière PÉREMPTOiRE, absolue : Tune tueras <c point ^ » , reconnaissent pourtant la nécessité de faire des distinctions.

2** EXEMPLE. Ne vous tuez pas vous-même. — Si ce principe est absolu, le dévouement même de Décius sera donc coupable? La résistance de la pudeur, souffrant la mort plutôt que le viol , sera un crime? Placé entre Falteruative de se luer ou de produire un mal immense pour sa famille, pour son pays, pour Thumamté, on sera blâmé de se sacrifier? L'accusé qui dédaignera de se défepdre devant des juges vendus, le condamné se laissant conduire sans résistance au supplice, agiront contre le devoir? — Si ce principe, au contraire, demande, pour être bien compris, que la science en cherche la combinaison avec les autres; c< si le but suprêm^ en cette vie, n'est pas de vivre, mais d'assurer par l'énergie de l'âme, au profit de la raison, l'empire de la volonté sur les désirs. . . » on entrevoit la possibilité d'approuver Décius et tout autre de ses imitateurs qui, a sans souci des c( terreurs de la mort, tout retenu qu'il est par les c( mille liens qui nous attachent à la terre, les brise a par un effort sublime, pour s'en aller sans regret ou <c sa raison le convie^. »

3« EXEMPLis. Ne médisez pas. — Cette prohibition, eonime les précédentes, serait exacte considérée iso-

* J. Simon, Le Devoir, pag. 419.

* Boisseau, De» Peines (Thèse soutenue ii la Faculté de P^s).

Page 1