‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 206 sur 280 · PARTIE ni. — CONSCIENCE DU DE^VÔIR. — LIVRE V · texte numérisé non relu

PARTIE ni. — CONSCIENCE DU DE^VÔIR. — LIVRE V

lément (si jamais elle pouvait se présenter ainsi). Mais à côté de la prohibition de médire, voici venir la prohibition dé laisser sans protection votre femme, vos enfants, vos amis. Comment concilier ces divers devoirs? Mari, père, ami, médirez-vous, s'il s'agit, en médisant, de démasquer les séducteurs et les intrigants, pour préserver ceux que vous aimez contre des pièges tendus à leur inexpérience?

4^ EXEMPLE. Ne violez pas votre serment. -^ Eh! sans doute, si le serment a donné une force nouvelle à l'obligation de faire une chose licite! Mais pour peu que vous ayez eu tort de prêter serment, Dieu sera-t-il plus offensé par là violation que par l'exécution d'un vœu coupable? Tel n'était pas l'avis d'Agésilas : ce Si ce que j'ai promis n'est pas juste, disait-il, c< j'ai parlé et non pas promis* ». Tel n'est pas l'avis des auteurs les plus accrédités de droit naturel®. — Dans uû certain nombre de cas, on ne sera point embarrassé pour relever d'un serment prêté mal à propos. Le Neptune de la mythologie faisant périr Hippolyte innocent, JHérode livrant saint Jean-Baptiste à une danseuse, Idoménée sacrifiant son fils, étaient de bien faibles raisonneurs. Hypermnestre ne sera pas blâmée^. — Mais dans mille circonstances, l'embarras sur-

* Plutarque.

« Puffendorff, Droit de la nature et des gens^ lib. IV, chap. ii.— Grotius, lib. II, cap. XIII, S 6. — Klenckius, 7/ï8ft^ jur. nat. — Wolff, analysé par Formet, Principes de droit naturel^ liv. III, çhap. v.

« Un serment ne peut rien ajouter aux promesses qui ne tireraient pas «r leur force de la morale et du droit.^ »

(Ahrens, Cours de droit naturel, seconde division, V partie, S 11.)

' Horace l'appelle < splendide rnendax. »

viendra. Les consciences commenceront à se partager sur rhypothèse, présentée paiWolff, du serment prêté de ne point révéler le secret d'une invention utile à la société *. — Elles seront divisées encore dans la supposition suivante ; Des conjurés vous surprennent au milieu d'eux; ils vous laissent la vie à condition de jurer que vous ne les trahirez point : quelle est la valeur de votre serment^? — Enfin demandez si la loi française fait bien d'ouvrir les portes du cloître à la religieuse qui veut en sortir? Vous verrez les convictions les plus opposées entrer ardemment en lutte !

Historien , nous citons toutes ces controverses : nous ne les discutons pas. Nous ne voulons pas davantage prendre pai ti, en ce moment, sur le prdcès, mille fois discuté et toujours pendant, entre les admirateurs et les détracteurs de Lucrèce ^; ni dans les incessants débats sur les circonstances où Thomme a^ ^ dit-on, le droit de rentrer dans l'état de propriété ccnnmune, antérieur à rétablissement de la propriété

« Wolflf, analysé par Formet, Principes du droit naturel^Uv. m, chap. v.

s Grotius veut qu*on tienne le serment fait à un pirate, à un yoleur.

{De jure belli et pads, liy. m/ chap. xxiu et xnj liv. U, cfaap. xm, § 14).

fiarbeyrac et Pufifendorff sont d'avis contraire.

* Sextus la menace de la mort, si elle ne consent pas à Tadult^re; elle préfère la mort.... Mais il la menacé de tuer avec elle un esclave, et de publier qu'il les a punis tous deux, les surprenant en flagrant délit d-adul^ tère. Alors, devant la perspective du déshonneur de sa mémoire, du désesf poir de son mari qui la croira coupable, du scandale de l'exemple laissé à la postérité, elle consent, pour avoir le temps de se justifier* A-t^ll0 raison? On discute sans fin. Pufifendorff la croit innocente* Hubner ne le pense pas. — Saint Âmbroise et saint Ghryso;stômeont-approuvé,dans un C3ft qui a quelque analogie, la conduite de Sara, femme d'Abraham, se faisant passer, en Egypte, pour sa sœur, afin de protéger la vie de son mari.

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