VI. Transition à la science du devoir
I. — CONSÉQDBNCB DO SYSTEME QUI TOIT DANS LA CONSCIENCE^ LA DéTBRlII- NAXION ABSOLUE DES OBJETS DU DEVOIR. — INEXISTENCE DE TOUTE SCIENCE DU DBVOIR.
■ Si le sens moral suffit, on pei:it se passer de livres, • de pirofessenrs, de prédicateurs, et surtout des écriji Tains qui font des systèmes de morale. >
(Comte, TrcAté de lègialatUm, Uy. I, ch. ly.)
340. Contradiction où tombent les auteurs qui croient à Finfaillibilité absolue de la conscience, et qui admettent cependant Texiàtence d*une
science du devoir.
350. Incompatibilité du système de rinfaillibilité absolue de la conscience, et de Pexistence d'une science du devoir.
349. Si rinspiration révèle les détails de la distinction du bien et du mal, il ne reste rien à chercher: c< un homme qui avancerait qu'il a quelque chose à apc< prendre à cet égard, devrait être considéré comme « un menteur ; il serait au moral ce que serait au phyc< sique un individu qui naîtrait privé deis organes de c< la vue ^ ))
L'évidence de cette vérité devrait frapper tous les
esprits, Cependant M. Jules Simon, en accordant tout
à rinspiration, veut constituer une science du devoir.
. Tentative impossible! C'est élever autel contre autel.
Éloquent défenseur du libre arbitre d?ins la pre-
Comte, Traité de législation^ liv. I. chap. y.
mière partie de son ouvrage; analyste attentif de la passion dans la seconde, il aborde, dans la troisième, ridée du devoir, et la trouve au fond de la conscieiiee. Jusque là nous ne pouvons qu'être entièrement d'accord avec lui. Nous partageons également, et ses convictions ardentes contre le matérialisme, et ses répugnances généreuses contre les raffinements dangereux de maint casuiste. Mais Êpicure et Escobar ne sont que de mauvais raisonneurs, sur lesquels il faut ^la^ cher droit, sans peur. Pour M. Simon, il semble que ce soient d'odieux fantômes, dont la vue le fait reculer trop loin. La répulsion qu'ils lui inspirent le rejette dans l'opinion qui voit toute décision morale écrite dans l'inspiration infaillible. Aussi Y idée du juste et la connaissance du juste (choses si différentes!) sont identifiées dans une foule de passages de son livre*.
Cette identification apparaît surtout dans le chapitre où l'auteur sacrifie impitoyablement à Técole de la conscience, toutes les autres écoles, qijelles qu'elles soient, savoir :
!• Et l'école mystique, qui recherche dans l'extase la volonté de Dieu ;
2« Et une autre école mystique, qui essaie de la comprendre par le reflet qu'elle en cherche dans le monde; pensant que « si le soleil contemplé en face à nous éblouity nous pouvons lui tourner le dos pour
« Nous citerons les plirases suivantes : « Tous les hommes voient la jus-
ice (P. 295) Si le droit de Vun suppose dans Vautre un devoir, n'est-il
pas évident que tout le monde doit connaître le droit, ou il n'y a point de droit (312).....» etc., etc.