‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 219 sur 280 · PARTIE m, — CONSaENCE DU DEVOIR. — ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

PARTIE m, — CONSaENCE DU DEVOIR. — ÉPILOGUE

duâ une liste égale de tous les objets du devoir, la science morale est faite et noiià faire. Une fois que la raison a creusé son Ut jusqu'à cette conscience, que peut-elle, sinon s'y absorber, comme le fleuve dans l'Océan? Chacun, abandonné aux conseils uniformes de ce guide, s'écriera : ce Que parlez-vous de science par-delà la conscience? Par-delà, il n'y a que l'alrîme l Faust téméraire, n'allez pas plus loiii !»

n. — CONSÉQtTENCE DU âTSTÈME QUI VOIT DANS LA GONSCtENCB LA bÂTERlfl- IVATION, TANTOT ABSOLUE, TANTOT RELATIVE, DES OBJETS DU DEVOIR. -~ IXISTENCB PRÉTENDUE D*ONB SCIENCE PARTIELLE IMPOSSIBLE DU DEVOIR.

t Que dira-t-on qui soit Ëon?la chasteté? Je dis que « noiii o^r le monde finirait^-^Le mariage? Non, la t continence vaut mieux. — De ne point tuer? Non , « car les désordres seraient hoiribles, et les méchants « tueraient tons les bous. — De tuer? Non , car cela c détruit la nature. » (PASCiO., P&Méeê,)

351. Tentative faite ponr partager 352. Impossibilité de mettre en luttt

entre la conscience et 7a une demi-conscience et un*

science la ré^ementation des demi-science, objets du devoir.

38 1 . On peut (nous Pavons vu plus haut) proposer une prétendue conciliation : la conscience, peut-on dire, est un agent supérieur, dédaigneux de certains détails : à la science, agent inféiîeùr, appartient le tiiage de ces détails, rebut de la conscience. — Cette opinion, différente de celle qui nous a paru prédomi^ ner dans l'ouvrage de M. Simon, trouverait cependant des appuis dans quelques passages de* son livre, notamment dans la combinaison de cette proposition : <:< La conscience ne nous oblige pas à une surveil" u lance minutieuse, inquiète ^ » avec cet aveu :

540 C01fSCIE!fGE ET 8CIENCB DD DEVOIR.

a On peut être parfois embarrassé entre deux de- « vairs *. »

Ainsi, voilà un partage de juridiction à faire entre la conscience et la science.

362. Mais d'abord, y a*t*il un juge supérieur chargé défaire ce partage? — Sice juge existe, Fîntei'ventioDde sa mission souveraine est bien compliquée. Ne fi^Ul pas plus expéditivement en décidant chaque litige, au lieu de le renvoyer à Tune des deux autorités rivales? — Que si ce juge n'existe pas pour faire le r^lement de compétence entre la conscience et la science, esi^ce à elles qu'il appartient de se contrôler l'une l'autre? d'empêcher les usurpations réciproque» qu'elles seraient tentées de commettre? Ce serait l'anarchie oi^nisée. — Pour sortir d'embarras, donnons la suprématie à l'une des deux. A la conscience? Soit. Alors, si c'est par son bon plaisir seulement que l'autre sera parfois appelée à délibérer, voilà une sci^ice dépourvue de toute indépendance comme de toute dignité!..* Et la conscience? Est-elle sauve dans ce système? h ne sais trop. Quand appellera-t-elle la science à son aide? Quand elle reconnaîtra sa propre insuffisance? Hélas ! A elle la reconnaît sur un point, elle peut en craindre la possibilité sur tous. Voilà Fange bien dédin! Il a perdu ses ailes, ou ne peut plus s'y fier. Si l'irréflexion, donnant à certains préjugés l'autorité générale, peut surprendre la religion de l'inspiration pour lui imposer le doute partiel, pourquoi ne lui imposerait<-elle pas, par aventure, le doute total?

* Ia Dtwnr^^ p. 424, etc.

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