‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 220 sur 280 · PARTIE ni. — œNSGISa^ du devoir. -^ ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

PARTIE ni. — œNSGISa^ du devoir. -^ ÉPILOGUE

Demi •conscience y révélation contrôlée !... d^ni- 8cience, ignorance réelle!... Néant des deux câtés! Il faut rejeter ce terme moyen et opter entre deux partis plus tranchés. De deux choses Tune : ou Tin* spiration est le juge du bien et du mal, et alors elle doit rendre tous les jugements à elle seule; ou la science est nécessaire, et alors elle doit être appelée, comme assesseur ^ à tous ces jugements.

Conscience! si tues chargée seule de les rendre, on te calomnie en disant que c< tu ne nous obliges pas à une surveillance minutieuse et inquiète. » Revendique tes droits entiers, et, comme le messager de Jupiter S glorifie-toi de

« Partager un brin d'herbe entre quelques fourmis! »

Science ! si tu es chargée d'aider la conscience quand elle est embarrassée entre des devoirs, tu ne chômeras pas! Car, à notre avis, la conscience est^ à toutes les minutes j embarrassée entre mille devoirs. Voilà Taveu que fait notre humilité» en portant envie à la sérénité des âmes plus fermes, qui se bornent à reconnaître seulement ce quon est parfois embarrassé « entre deux devoirs. )>

4 Voir la fable de La Fontaine : Y Eléphant et le Rhvnocéro$.

su CORSCIElfCB ET SCIENCE DU DEYCHR.

m. — COméQUElICB DD STSTiVC QUI VOIT DANS LA COHSCUTICE LA DénUl- NATION ABSOLCB DU PREMIER PRINCIPE DU DEVOIR ET LA DÉTERMINATIOII RELATIVE DBS OBJETS DU DEVOIR. — EXISTENCE D*UNB SCIENCE ABSOLUE DO DBVOn.

« DUc«ndA est tirtns : trs est bonmii fteri.

(Senec.)

« Gertflini philosopbes, dit LeibmtX}<mt peosé 41e « réttt naturel d'nne chose est celai qai a le moins « d*art — Ils ne font pas attention goe la perfection « emporte toujours l'art avec elle. »

{BeBothald, LégislalUmprimitife.]

•53. Groytnoe à rinatilité de la même doit demander les ni*

ideDce du dev(»r: quiétisme sons de sa satisfaction.

dangereux. 355. Efforts nécessaires poor ch9^

356« Une conscience satisfaite d'elle- cher la science du deToir.

353. Le plus fôcbeux mconvénient des systèmes que nous venons de combattre, c'est qu'ils tendent à endornair la raison. Ou nous nous trompons, ou il y a un grand danger dans ce passage d'un livre éloquent : a Si je demande à un dépodtaire pourquoi il € restitue le dépôt, il répondra: Parce que c'était t mon devoir. Si j'insiste , si je lui demande pourquoi « c'était son devoir, il saura très bien me répondre : « Parce que c'était juste, parce que c'était bien. Ar- « rivées là, toutes ses réponses s'arrêtent, mais les « questions s'arrêtent aussi ^ » — En présence de ce demi-fatalisme de l'intelligence, qui se donnera la peine de méditer sur le bien ^ ?

< Cousin, Le Vrai, le beau, lé àien^ W leçon.

s Saint Paul {Ep, aux Corinthiens, chap. xi, vers. 14, 15) ne croit pas qu'on soit dispensé de donner les raisons des appUcations naturelles du ^voir : « La nature eUe-mème, dit-il, ne nous-enseigne-t-elle pas que si on « homme porte de longs cheveux, cela lui est honteux 7 Mais si une femme « a de longs cheveux, cela lui est honorable, PAacB que les cheveux lui ont c été doimés.pottr loi servir de voile! >

'!^*f*tik .-.

PAR-HE m. — CONSCIENCE DU DEVOIR. — ÉPILOGUE. 349.

354- Pourquoi s'imaginer que le dernier mot dudevôit est une énigme insoluble? Dans Fexemple proposé de la restitution du dépôt, où donc est cette énigme? Dieu veut le maintien de la création; les êtres doivent collaborer dans ce but. Je consens a aider mon amt, en recevant sa chose en dépôts quand il est empêché d'exercer sur elle une surveillance ; dès qu'il peut reprendre cette surveillance, il me remercie et me décharge de ma complaisance. • . tout cela est une déducti<m très claire du premier principe : assistance due par tout être à tout éfre / t— Evitons donc un dangereux quiétisme. Certes la satisfaction d'une conscience qui se complaît à se mirer en elle-même est chose douce. Mais, avant de se délivrer un certificat dç moralité, il faut qu'elle se soit demandé d'abord en quoi la moralité consiste. Tant qu'elle nous dira seulement qu'elle s'estime, nous la féliciterons de s'estimer; mais nous l'accuserons de paresse jusqu'oïl ce qu'elle ait préalablement cherché dans quels cas elle doit s'estimer. En un mot, poser cette formule : Agir conformément au droit j c est agir de manière à mériter Vesiime de soi-même, c'est renvoyer, de la t^aison endormie à la raison réveillée, la solution de la question : comme le plaideur macédonien renvoyait de Philippe ivre à Philippe à jeun la sentence à rendre.

355. La science morale n'est pas plus infuse que la science de l'hygiène ; « pas plus innée que l'àrith- « métique *• » L'étudier , comme on étudie toute chose, tel est l'avis, de Bentham. Il jette aux partisans

* LeibnitZi cité par li. de Girardin (journal La Preue^ n« du 22 Juin 185A}.

de Tinspiration le défi c< de citer les raisons de la c< nature, a,u lieu de citer idivinatoirement son autoce rite. )) C'est aussi Tayis de Leibnitz : « Il m; (c faut point s'ima^er, dit^l, qu'on puisse lire dans « Fàme ces étemelles lois de la raison à livre ouvert, « conune Tédit du préteur se lit sur son album, sans « peine et sans recherche; mais c'est assez qu'on puisse « les découvrir en nous, à force d'attention ^ »

Oh! sans doute (on ne saurait trop le redire), cette science trouve son germe dans la conscience. C'est de là qu'elle s(Hiira tout entière, comme le diéne sort de la semence. Disons plus encore : oh! sans; doute, les premières déductions de cette science paraissent si évidentes qu'elles semblent des révélations. « Je dois ce assistance à mon semblable : » voilà le principe révélé. Eh bien ! tirons les premières conséquences : Je ne dois pas tuer mon semblable, ni lui voler son Wen, ni séduire sa femme, ni me parjurer pour lui nrnre; car ce ne serait pas l'assister. Voici, certes, des enthymèmes bien aisés à construire ! Ce n'^en sont pas moins des enthymèmes. La logique a passé par là, et eDe a passé par là provisoirement. En ^ffet, un peu de patience ! elle aura bientôt à examiner si ces raisonnements sont exacts ou non? s'il ne peut pas être ordonné de tuer des milliers d'hoïnmes, de violer des serments insensés?

1 Leibnitz, Nouveaux Essais sur Veniendetneni hwnam.

Ajoutez Charron {De la sagesse) : a Le premier et fondamental avis est de « ne vivre point à l'aventure, comme font presque tous. »

£t Droz {Essai sur l'art d'être heureux, chap. i) : « Contre ropinion gé- « néraie, je pense que le plus sûr moyen pour être heureux est de beau- ■ coup réfléchir. »

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