‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 229 sur 280 · PARTIE HL — CONSCIENCE DU DEVOIR. — ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

PARTIE HL — CONSCIENCE DU DEVOIR. — ÉPILOGUE

366. La science du devoir ^ comme toute autre, est soumise à la loi d'évolution progressive. Elle ne pouirait être définitivement constituée que par la réalisation de la pronlesse faite par le démon à Eve : a Entis siciU Dit, scientes bonum et malum * . » Jusqu'à cette réalisation possible ou impossible^ a la science ne ^ sera jamais laite ; elle ira toujours se faisant, indéfinies ment, dans les limites toutefois de notre nature.Toute ce la récompense de ses veilles à laquelle l'investigateur « doive donc aspirer, c'est qu'un jour figure, dans le ce grand édifice de la science humaine, quelque pe- « tite pierre par lui dégrossie, fiaçonnée. Peu importe, « après tout, que cette pierre soit ou ne soit point a destinée à recevoir le nom de l'ouvrier. Colomb est-il a moins méritant parce qu'un autre, plus fortuné, a c< donné son nom aux contrées que, le premier, il « avait pressenties et découvertes *? >>

367. Pour essayer d'apporter cette petite pierréj il faut à un auteur im grand courage. Et d'abord le plus difficile pour lui est de triompher de la pensée de son insuffisance. En effet, il faqt qu'il commence par oser se dire à lui-m<lme : « La charité a inspiré mon cœur. La conscience m'a montré nettement le premier principe du devoir. Sur ses applications, j'ai, par le conseil d'Adam Smith, appelé, pour m'éclairer, d'autres consciences ; elles m'ont dit leurs antipathies et leurs sympathies, leur estime et leur mépris pour

Analyse, classement et nomenclature des divers ordres de lois et de phêMh mènes moraux et politiques. ^

1 Genèse^ chap. m, S i* vers. 5.

* M. Tillard (ouvrage précité).

tels OU tels hommes, l'éloge , leblâme, le ridicule qu'elles déversent sur tels ou tels actes. Bon citoyen, j'âî approfondi les lois de mon pays. J'ai fait plus, j'ai interi*ogé la conscience universelle de Thumanité dans le temps actuel, en comparant entre elles les institutions des peuples de mon siècle ; et j'en ai comparé aussi les enseignements avec les inspirations primitives de nos pères, transmises par la tradition... . »

Puis celui qui a cru pouvoir se rendre cet ensemble de témoignages, ajoute nécessairement encore : « Je veux maintenant essayer d'avoir raison seul contre tout le monde : je veux, à la place de Tautorité générale d'aujourd'hui, apporter le germe d'une autre autorité générale de demain; autorité que d'autres méditations plus heureuses renverseront à leur tour dans la suite des âges. . . »

368. S'il croit pouvoir suffire à cette tâche, qu'il l'entreprenne! Point de jugement en dernier ressort à lui opposer. Le devoir suprême de sa raison convaincue est de former un appel toujours recevable. L'apostolat qu'il exerce a pour mission de renouveler, d'heure en heure, la science * : a la science!. . . qui nous c( appartient, autant qu'en ce monde, en raison de nos

* « On admire encore, par^habitude, des écrivains qui pnt joui d'une juste « célébrité, parce que, au moment où ils ont paru, ils se sont trouyés « beaucoup plus avancés que ne Tétaient leurs contemporains. On les cite < même quelquefois, mais on'les cite sans les croire» et souvent même sans « les avoir lus. On considère leurs écrits non comme des corps de doctrine ; « mais comme des arsenaux qui peuvent nous fournir des armes contre

• des ennemis. Ceux qui se donnent la peine de les étudier, sentent qu'ils « ont été faits pour un ordre de choses qui n'existe plus, et pour des temps « qui ne sauraient revenir. On y tient cependant, parce qu'on n*â pas le

• temps ou le moyen de se faire des idées plus justes, et qu'on ne âe croit

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