Quels sont ces moyens d'étude
Faut-il s'en rapporter à la méthode expérimentale ? Appréciant Ips causes par la vue de leurs effets, faut-il distinguer, par une observation attentive, les formules de droit et de morale qui ont rendu icibas les hommes heureux, et celles qui les ont rendus malheureux? Et déclarer ces formules justes ou injustes, selon qu'elles ont produit l'un ou l'autre résultat?
Faut-il, au contraire, accuser cette méthode de procéder par un cercle vicieux? Lui reprocher de mettre en principe la question qui est précisément à résoudre, celle de savoir si notre bonheur ici-bas constitue ou non notre destination tout entière? — Vaut-il mieux en conséquence, par la méthode rationnelle, chercher^ dans l'étude philosophique complète de l'homme, le but qui lui est assigné , pour en conclure le moyen d'arriver à ce but ?
Ou enfin y a-t-il une conciliation à faire? Suivant le conseil de Bacon *, faut-il « marier, par un hymen lé-
* De augm, sciem», préface.
ma
PABTIE m. — CONSCIENCE DU DEVOIE. — ÉPILOGUE. 375
« gitime^ la méthode expérimentale et la méthode ra- « tionnelle? »
7« QUESTION. — Détermination d*un premier principe de ta science
du devoir.
387. Nécessité d'uû premier principe de la science du devoir, pour régler
retendue de l'assistance due par tout êti'e à tout être.
387. Les méthodes trouvées, il faut les mettre à l'œuvre. Leur premier soin ne doit-il pas être de nous fournir un principe général de la science du devoir, pour éclairer le principe général du devoir?
La conscience nous a dit : Assistance due par tout être à tout être:
La science doit nous donner à choisir entre les divers systèmes sur l'étendue de cette assistance. — Cette assistance doit-elle se mesurer seulement d'après certains calculs de prudence? C'est-à-dire ne faut-il faire du bien à autrui, que pour éviter de mériter rinimitié d'autrui? — Ou bien cette assistance est-elle réglée par une égalité proportionnelle de bons offices mutuels à rendre, soit dans l'intérêt des individus, soit dans l'intérêt de l'espèce tout entière considérée dans son avenir comme dans son présent? — Ou bien enfin faut-il admettre, comme loi suprême du devoir, une sainte émulation? Faut-il accepter pour devise de notre vie morale, au lieu du nâot honteux égoîsmey au lieu du mot froidement rigoureux égalité, le mot généreux dévouement ?
8^ QUESTION. — Grandes divisions de la science du devoir,
388. Droit déterminateor et sanctionnateur : droit national et des gens :
droit politique, de famille, privé, public, religieux.