PARTIE I. — IDÉE DU DEVOIR. — LIVRE H. Mè
cords, ces étincelle» représentent, sous des expressions figurées, les idées dont nous parlons. — Une troisième image les désigne mieux encore. Comme le moule dans lequel on verse un liquide, est creusé pour donner au liquide la forme correspondante à celle des parois du moule, de même l'esprit humain , en recevant la matière que la sensation lui jette, est disposé pour la modeler nécessairement au gré des contours de ses propres entrailles, si Ton peut parler ainsi * . Les aspects que ces contours donnent aux idées apportées par la sensation, ce sont les idées nées des formes mêmes de l' intelligence.
Idées nées des formes mêmes de V intelligence : c'est bien là la meilleure dénonrination qu'on puisse leur donner. Toutefois, on peut employer, mais moins exactement, leis synonymes approximatifs suivants : idées du sens commun (Reid), idées d'instinct, de sentiment, d'inspiration, d'intuition, de suggestion naturelle, de foi instinctive, ou enfin idées premières de la raison.
54. Donnons des exemples de ces idéeô. Revenons pour cela, lecteur, au fait que nous avons pris pour point de départ. Vous venez d'ouvrir ce livre. A l'occasion de l'idée de ce fait, apportée par la sensation, voici les formes mêmes de votre intelligence qui ont fait
* « Je me suis servi aussi, dit Leibnitz, de la comparaison d*une pierre de marbre qui a des y«ines... s*il y avait des veines dans la pierre qui mai>quassent la figure d*Hercule, préférablement à d'autres figures, Hercule y serait comme inné en quelque façon, quoiqu'il fallût du travail pour découvrir ces veines..... C'est ainsi que les idées et les vérités nous sont innées.
{Nouvenux Essais sur V entendement humain.)
^^»aM»an| I mi^Ku'
jiui'gif lei idées suivoutea ; V que vous étei im être lisant, au milieu d^autres êtres; $9 une substance dis* tiuote de la loodiâoatioq loomeutanée résultat de \atre lecture; 3^ ua eoi^ preuaut uoc place dans un poiut do Teapace, < coite sphère inflnie dout le cwUre fit est partout et h\ cii'conférenoe nulle part* ;» A* que vous avoï un but çn lisant*. «., etc.
5S, Ces idées ue pai'aisst ut pas pouvoir être ratta* cbées à la seusaiion. On a fait des efforts inutiles pour los présenter comme des géqéralisatioQi. < Ëa yaiu ou prétendrait que Tesprit les produit à Vaide de» idées fournies par les sens, en employant Tanalyse» la compciraison ou rinductiout etc. Aucune opération logique ne saurait transformer le Qui en inQni, le contingent eu nécessaire, le relatif en absolu *, » ^ Pira-it PU qu'elles vieiment de Téducatiou? « Cest ve« culçr la question sans la râM)udre ^; a il resterait à savoir ou les ont prises ceux qui nous les ont eusei« gnées. — De Tautoi ité géuérale? EUc «*est que la réu^ nion des raisons particulières. — De la révélatiou? lu
révélation se fait à des ^es qui ont déjà l'idée néçessîiire d§ Dieu, comme toutes les autres idées uéçes^aire^ *.
« Pascal» Pensées.
s Bénard, Précis de philosophie (Peyoliologie^ cha^ hi).
» Id., ibid.
♦ On a beau presser la sensation, on n'en peut tirer quei'idée d'une succession multiple d'accidents, et non celle de la substance; que l'idée de si- PluUanéUé ^ pbéaocntin^ et non çeUe dp nelatioa de çma» X e£(»t« « Suppoâçï que cette succession se reaouvelle et persiste, ce sers^ 1^ coq^tîM^ë^ ajout(^ à la accession. Ce ne sera pas ^ qioins dn monde la çoâno^ûo^^VH^ puissance causa^*ice çt (\e son effet. %
(CoDsiNt k Vrai, le beau^ le (/en^ 1'^ lecQU.)
De même la se<)^tion ne peut vous donner que l'idée de passage d'un lieu