‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 49 sur 280 · Négation du devoir par le soep · texte numérisé non relu

Négation du devoir par le soep

ticisme. — Oûôev jjuxXXov : nuUe action n'est meilleure qu'une autre.

81. Ne confondons pas le doute employé comme moyen, et le doute présenté comme résultat.

Le doute employé comme moyen , le doute Cartésien, comme on l'appelle, est la méthode philosophique nécessairement employée au commencement de toute exploration. C'est de lui que Bossuet a dit : c( Savoir douter est une partie de bien penser * . )>

* De la connaissance de Dieu^ partie V.

AJ. Bacon, De augm. scient (llb. V, cap. vr) t « Qui veut trop tôt saisir la • certitude, finira par le doute; au lieu que celui qui sait pour un temps « suspendre son jugement, arrivera enfin à la certitude. »

82. Le doute présenté comme résultat prend le nom de scepticisme* ou pyrrhonisme*.

Ne faisons pas Thonneur (si c'est un honneur) du nom de sceptiques à beaucoup d'esprits légers qui, à certaines époques, affectent dans les conversations du monde, de ne croire à rien. Leur amour-propre hasarde des paradoxes. L'ignorance s'en accommode, et le goût de l'imitation les propage. Ce scepticisme superficiel n'est qu'une mode. Des philosophes ont fait remarquer qu'il est, au moins autant que la superstition, la marque de la faiblesse de l'esprit. Celui qui joue ainsi avec toute croyance peut tout aussi bien, selon qu'il vit au xvi® ou au xviii® siècle, être amené par la futilité de ses motifs au fanatisme de la Ligue ou à celui du bel esprit'. — D'autre part ne faisons pas l'injure du nom de sceptiques à certains esprits généreux qui, saisissant l'erreur des systèmes soutenus avant eux, les détruisent sans avoir ensuite le temps d'édifier sur les ruines de ce qu'ils ont renversé. Leur mission a été de brûler les vaisseaux qui condui-

* Du mot grec <ncétj;i;, qui, avant Pyrrhon, signifiait examen, et, depuis Pyrrhon, a pris le sens plus spécial de doute provenant de l'examen.

* Du nom de Pyrrhon, un des inventeurs du scepticisme. — On a auss* appelé les sceptiques éphectiques, de hzoyi\^ suspension de Jugement, et zététiques et aporétiques (chercheurs et docteurs).

(Tennemann, Manuel de l'histoire de la philosophie^ S 124.) Tennemann, ibid. , 5 56, oppose le scepticisme, sous le nom de dogmatisme négatifs au dogmatisme positif, qui croit à la possibilité de la certitude. — Il fait de l'antithèse de ces deux dogmatismes la division la plus large de la philosophie.

5 « Autre chose, dit Montaigne (Essais, liv. II, chap. xii), est un dogme « sérieusement digéré, autre chose les impressions superficielles, lesquelles w nées de la débauche d'un esprit desmanché, vont nageant témérairement a et incertainement en la fantaisie..... Honunesbien misérables et écervelés, « qui tâchent d'ôtre pires qu'ils ne peuvent I »

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