‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 66 sur 280 · PARTIE n. — FOÏ AtJ DEVOm. — LIVRE L · texte numérisé non relu

PARTIE n. — FOÏ AtJ DEVOm. — LIVRE L

« quelque endroit. » Royer-Côllard proclame ainsi sa compétence exclusive à prononcer sa propre condamnation : « La science de l'esprit humain aura « été portée au plus haut point qu'elle puisse at- (( teindre, quand elle saura dériver l'ignorance de (( sa source la plus élevée. »

Commençons par la suivre jusqu'où elle peut nous guider*. S'il faut ultérieurement la perdre de vue, ce sera par son ordre, ce La foi est la dernière démarche (( de la raison, » dît Pascal. « Je vous applaudis fort, (( dit Leibnitz, lorsque vous voulez que la foi soit fonce dée en raison^.»

105. Nous n'avons point à faire incidemment, dans cet ouvrage, un cours de logique sur la manière d'employer la raison. — Par d'autres leçons que les nôtres, vous avez appris, lecteur, à distinguer d'une part l'état intérieur de l'âme appelé certitude, c'està-dire sa ferme adhésion à ce qu'elle croit la vérité, et d'autre part les états moins complets appelés probabilité et vraisemblance. — Vous acceptez l'évidence comme signe de la vérité, c'est-à-dire de la conformité de la certitude à son objet. — La certitude immédiate résulte pour vous des vérités de raison attestées par la raison même, et des vérités d'observation

* « Hic demum incipit revelatio divinâ, ubi desinit humana cogitatio. »

(Barbeyrac)

'^ « Les personnes sages, ajoute-t-il, ont toujours tenu pour suspects ceux « qui ont prétendu qu'il ne fallait point se mettre en peine des raisons « et preuves, quand il s*agit de croire. Chose impossible, en effet, à moins « que croire ne signifie réciter ou répéter et laisser passer sans s'en mettre

« en peine Sans cela, pourquoi préfèrerions-nous la Bible à TAlcoran ou

H aux anciens livres des brahmes? »

n G0N8GIENGE ET 8CIINCK DU DEVOIR*

attestées par la perception externe, qui vous fait, à rappel de la sensation, sortir de vous pour constater ce qui nVst pas en vous. — A Tintuition des vérités premières qui produit la certitude immédiate, tous ajoutez la démonstration des vérités secondes qui produit une certitude médiate par les souvenirs de votre mémoire, par le témoignage des hommes, ou enfin par le raisonnement, « série de jugements dont chacun est intuitif ^ » — Pour raisonner vous employez la déduction, qui ne sert qu'à dégager des vérités déjà implicitement possédées, ou Tinductiou de Bacon, qui conclut des faits particul iers aux lois générales.

< Bénard, Précu de philûtophU (Logique, chtp. i).

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