PARTIE U. — FOI AU DEVOIR. -- UVRE H. m
dépit de la logique» habituée au principe de contradictioii qui défend d'affirmei^ en même temps le pour et le contre.
ta seconde méthode est préférée par saint Augustin. Elle est suivie par Leibnitz* : « Les perfeo- « tiens de Dieu, dit-iU sont celles de nos âmes. Mais c il les possède sans bornes. Il est un océan dont nous c n'avons rien que des gouttes. » Bossuet la recommande; il conseille au véritable mysticisme « d'ace néantir dans Tétre fini la limite, la borne, Tobsta* « cle, non pas fétre *. »
Préférons cetta méthode. Avec M. Cousin 'refusons de confondre la nature finie d'un être avec Texistence de ses modalités^ et la nature infinie de Têtre avec Fabsence de modalités. Le fini est parcQ qu'il a des qualités; l'infini a des qualités parce qu'il est. La différence est un élément aussi essentiel à l'être que l'unité même. « Dieu est la richesse, la e plénitude, l'ensemble des déterminations. Dieu est « le plus déterminé de tous les êtres *. »
.114. Nous avons pris le soin (à nota^ avis bien superflu) de donner les preuves de l'existence de Dieu. Or, à quoi bon ces preuves pour le sujet que nous
* Tkéodicée. Voyez aussi Doctrine écrite pour le prince Eugène.
> « Ni rassoupissement ni le sommeil n*ont prise sur Dieu. »
(Goran, diap. ii : la VachCy vers. 356.)
5 Le Vra^'le beau^ le Wen, 5* leçon.
♦ Cousin, ibid,
M. Bénard, Précis de pHUoêophie (Théodicée), donne réntunératioa des attributs de Dieu : infinité, unité, immensité, intelligence, volonté, liberté, î)ui8sance infinie et créatrice, sagesse, bonté, justice, véracité, félicité, providence. — Comp. M. Pabbé Gratry, De la eonnai$$ance de Dieu, partiel, chap.vni.
éÙÊ CON0CIE5GB ET 6GIENCB DU NSVODL
traitons? L'existence de Dieu est^lle un des postulats nécessaires à rétablissement de la notion du devoir?
Des esprits éminents Font nié. Quand Grotius Toit dans le droit naturel « certains principes de la droite (( raison qui nous font connaître qu'une acticm est tt mm^al^nent honnête ou déshonnéle» selon la oona yenanoe ou la disconvenance nécessaire qu*dle a « avec une nature raisonnable et somble\ » il en conclut bien que Dieu, qui est Fauteur de la nature, ordonne ou défend raction honnête ou déshonnête; mais pourtant il accorde « que les maximes du droit « naturel ne laisseraient pas d'avoir lieu en quelque « manière» quand même on accorderait^ ce qui ne se i< peut sans un crime horrible, qu'il n'y a point de « Divinité^. — Puffendorff' et Barbeyrac^ l'ont contredit, mais en tombant dans un autre extrême, en identifiant le devoir avec la soumission à la volonté^ qudle qu'elle soit , d'un supérieur. Puffendorff s'est ainsi attiré les reproches mérités de Leibnitz. Nous repousserons, comme ce dernier, tout système qui verrait, dans le devoir imposé, la volonté arbitraire de Dieu. Mais Puffendorff et Barbeyrac avaient une réponse bien plus péremptoire à faire à Grotius, réponse que Leibnitz n'eût point attaquée ; c'est qu'il est impossible de concevoir une Im quelconque, soit
< Dêjure bêlU étpaeii, liv. I, diap. ^%i(K
* Id., préface, S 3*
' Du droit naturel et des gens, liv. H, ch. ui, $ 10,
* Préface de l'édition française de Puffendorff.