PAI^TIE II, -- POI AV DEVOIR, ^ UVRB ÎU
thèse pour le seul plaisir de contredire le sens intioie, dernier recours de la logique humaine.
121 . Et quant à Tobjection tirée de Pexistence du mal , ne nous y laissons pas prendre. Nous n'avons pas besoin pour cela de devenir Manichéens, en supposant deux principes, Vunbon, l'autre mauvais, luttant de puissance à puissance dans k création. Assez d'autres explications se présentent.
Et d'abord ce mal dont nous nous plaigncms» il est bien des fois notre ouvrage et pourrait être évité. — Quand il n'est pas notre ouvrage, notamment dans le phénomène de la mort, eh Uen! pour enseigner l'origine de ce mal, nous avons la tradition qui voit en lui les éléments d'une épreuve imputée à l'homme, pour l'élever à une condition meilleure; ou bien voici venir l'argument métaphysique qui ne reconnaît, dans ce qu'an appelle /e malj rien d'existant par soi-même, mais seulement le degré moindre du bien. Dieu a voulu produire le mondé. A-t-il voulu créer le meil^ leur des mondes possibles ? C'est ce que disent les plus grands penseurs, saint Âugujstin S saint Thomas d'Aquin ^, Leibnitz '•.,.• Soit. — Il n'en reste pas moins vrai que ce meilleur des mondes possible est un monde d'êtres fiais, donc d'êtres inférieurs à Dieu. Aussi Dieu a manifesté en eux, non pas la réalité du mal, c'est-à-dire le contraire du bien, mais la limitation du bien. Ainsi les ténèbres sont la Ihnitation
< Manud de Vhisioire de la philosophie, par Tennemftnn, S 232. > « Le mal ou le manque de bien est nécessaire A la perfection de tout, « et Dieu n'en est paS la cause, v « Théoéicée.
MO GORSCIBlfGB BT flCIENGB DU DEVOIR.
du Jour. Prenons deux mots latins : le bien sera Vkabitus, le mal sera la privatio. a Malum causcan c habei non e/ficientemy sed deficientem ^ »
En résumé, le souverain bien d'un être fini ne peut être qu*un souverain bien fini. Ce qu'on appeHe le mal est la condition d'un bien supérieur. — Danander que le mal physiqfle n'existe pas^ c'est prétendre placer l'homme dans ce dilemme : Ou être Dieu , chose impossible, ou n'être pas , ce qui est pire que d'être fini. — Demander que le mal moral n'existe pas, c'est poser cet antre dilemme : Ou être Dieu , chose impOfsiUe, ou être animal sans liberté, ce qui est pire que d'être homme.
Et quand ces raisons ne justifieraient pas suffisamment l'existence apparente du mal, il faudrait en derni^e analyse en supposer d'autres, en attmdant de l'avenir la conciliation de cette existence avec l'infinie bonté de Dieu, c Toutes les tentatives de <x raisons où l'on n'a point besoin de se fixer entiè- (C rement sur de certaines hypothèses, ne servent « qu'à faure concevoir qu'il y a mille moyens de jusci tifier la conduite de Dieu^. »
« Leibnitz, Tkiodieée.
Bossuet a dit de même : « Le mal n*est point un être, maie un défkut » Saint Anselme : « Le mal est nne négation qui ne pent avoir d*essence. »
Ennins pariait en poète et non en métaphysicien, «n disant m sens laverse : Nimium boni est cm nihil mali, »
Y a-t-Û pins de bien que de mal? Euripide, contrairement à Homère, répondait affirmativement.— «Leibnitz {Théodioée, partie m, n** 257 et suirants) soutient le môme avis. Il approuve Descsjrtes d*avoir écrit que la ridson naturelle noua ai^urand que noua avons plus de Ueoa qoa de maot.
* ïinibnitf . La fuift» df IHêu ntmiàê nar ig JMitkm.