‹ Conscience et science du devoir: introduction á une explication nouvelle duChapitre 94 sur 280 · PARTIE n. — FOI AU DEVOIR. — LIVRE V. iM · texte numérisé non relu

PARTIE n. — FOI AU DEVOIR. — LIVRE V. iM

turel que la société doit organiser le mieux possible. Qui osemt soutenir qu'on peut mettre dans une ame dés codes rédigés à l'aventure *, puis tirer au sort, et attendre des jeux du hasard le meilleur choix? Ne faut-il pas reccmnaître au ccmtraire que les rédacteurs de ces codes, avant de les mettre dans Fume, les auront formulés sous Fempire d'une pensée supérieure qui se distingue parfaitement de son résultat matériel, Fordre? Ainsi, faire du devoir la créature de la loi positive^, c'est tomber dans un cercle vicieux. C'est purement et simplement déplacer le juge de la question, en renvoyant des gouvernés aux gouvernants la recherche de ces principes a antérieurs « et supérieurs » aux lois positives ', c< de ces règles c< d'égalité et de proportion qui ne sont pas moins fonc< dées dans la nature immuable des choses et dans les ce idées de Fentendement humain, que les principes de ce l'arithmétique et de la géométrie*. » On sait par cîœur ce mot de Montesquieu '^ : ce Kre qu'il n'y a rien « de juste ni d'injuste que ce qu'ordonnent ou défen- « dent les lois positives, c'est dire qu'avant qu'on ait ce fait le cercle, tous les rayons n'étaient pas égaux. »

« mus, inesse hominibus, hoc ipâo quod sint animsdia, propensiones saltem « taies ad benevolentiam erga alios, quales sunt in caeteris animalibus « erga alia sibi congene^a. » {De legibus naturœ^ diap. n, § 22.)

* n Le palissage des premières lois qui nofW tombent en mains^ » comme dit Montaigne.

* Expression dé Bentbam.

' Constitution française de 4848, art. 3.

« L'idée générale du droit, loin de dériver de ceUe de la loi et de TÉtat, « lui est antérieure et supérieure. »

(Ahrens, Cours de droit naturel, chap. iv.)

* Leibûitz, Monita qucedam ad Puffendorflii prindpia, » Esprit des lois, liv. I, cbap. u

160. Segoubi sTSTÈiœ. — Dewir confondu aiw l'ordre arbitraire créé par la convention. — Ce seeond tystème a été proposé par des philosophes nmns ottblieuxque les sophistes grecs du respect de la dignité bmnaine. Si , cctmme ces sofdùstes^ ils font de la distÎBCtion du i)ien et du mal une œuvre arbitraire, du moins ils en confient la création à l'imagination artis' tique de l'homme exerçant spontanément sa lantai»ie.

161* Les uns représentent les peuples étaUissant, par convention tacite, des uss^es artificiels que l'habitilde consolide et que l'éducation traœmat de génératicm en génération. D'autres nous les nK)ntrent entra&t en société paruneconvention expresse. — Cette convention peut être supposée de trois manières ^lïérentes i soit entre un peu{^ el un despote en faveur duquel ce peuple abdique toute sa volonté *; soit entre un peu* pie et un souverain constitutionnel s'obligeant à res* pecter certaines conditions de son élévation au trône^; soit enire les membres de la nation eux-mêmes s'unissant sous certaines cœiditions ^. — Cette dernière théorie a été celle du xviii^ siècle relie a été mie occasîoii de progrès. On en faisait une arme puissante pour prêcher l'égalité, combattre les privilèges, réclamer la réforme des lois criminelles. On démontrait « que la néces^té seule ayant contraint chaque homme <c à céder une portion de sa liberté, il n'en avait ^i- <c tendu mettre dans le dépôt commun que la plus

* HQbbes*

s Locke. — « Sinoa, noa, » coounA dlsatent les État» 4'Arrai(m.

' Rousseau,

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