PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE VI
« bien qu'à cause des plaisirs qui en dérivent. Le vice (( n'est un mal qu'à cause des peines qui en sont la « suite *. »
640. Écartons toute affectation d'indignation préconçue contre la méthode expérimentale, puisqu'elle limite, par la chanté et la prudence, la recherche d'un bien-être pur, équitablement partagé.
Mais pourtant n'acceptons pas cette méthode. — Nous allons, dans le titre second de ce livre, invoquer contre elle une fin de non-recevoir préjudicielle, qui suffira poqr l'écarter.
* Traité de législation, chap. i.
Helvétius {De V Esprit) ^ cité par Comte {Traité de législalioriy liv. I, ch. v), voit, dans ce qu'on appelle moralité^ l'approbation donnée à nos actions par ceux à qui elles profitent, et dans ce qu'on appelle immoralité , la condamnation prononcée contre nos actions par ceux à qui elles nuisent.
Nous Yoilà tout d'abord bien loin du mot d'Aristide, blâmant une propositioD de Thémistoclc, parce qu'elle était seulement utile^ mais n'était pas juste, — Aussi Bentbam nie ce mot d'Aristide, ou le traduit ainsi : L'utilité spéciale de la proposition de TUémistocle était moindre que l'utilité générale de ne pas perdre^ par la violation d'une promesse, la confiance des autres peuples.
tS4
TITRE II
MÉTHODE EXPÉRIMENTALE ET MÉTHODE RATIONNELLE RÉCNISS: MOYENS POUR ACQUÉRIR LA SCIENCE DU DEVOIR.
t Lcges naturales duobus modis investigari posstmt : a nempe vel e manifcstis qnibnsdam effectis inde pio* « guatis, vel c causis c quiï)us ipss nascuntni. »
(GuMBERLAND, De legtbiu naturas, FrolegoiUBa. ]
641. Laméthode expérimentale pose en principe ce qui est on question, en affirmant que l'observation seule de certains faits extérieurs donne tous les éléments du bonheur^ donc du devoir.
042 Elle passe, sans les discuter, sur ces questions préjudicielles :
Vâme est-elle immortelle?
L'espèce humaine est-elle perfectible?