‹ Conscience et science du devoirChapitre 144 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DO DEVOIR. — LIVRE VI. iM · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DO DEVOIR. — LIVRE VI. iM

sommes point de l'école de ces philosophes; mais ne les calonmions pas, non plus que les disciples honnêtes qui ont cm en eux. N'allons pas nous imaginer qu'ils redierchent seulement l'étourdissement des fêtes! Ils font au contraire large part aux jouissances les plus pures * . 637. Ne les accusons pas surtout de tirer nécessairementy de leurs principes, l'invitation au culte exclusif de l'égoïsme! Loin de là. Ce sont des sages (un peu pessimistes, il est vrai), qui, déplorant le mal de l'égoïsme humain, et le croyant irrémédiable, cherchent à le diminuer autant qu'il est possible. Les grandes pensées, « qui viennent du cœur^^ » peuvent tenir une place très considérable dans leur apprécialion artistique des degrés de la volupté. Octogénaires, ils planteront eu disant :

« Nos arrière-neveux nous devront cet ombrage ! ' »

€ Les auteurs, dit Droz *, des systèmes applicac< blés à la science de la vie, veulent tous conserver c( l'intégrité des facultés de l'homme, et leur donner c( une direction utile. Tous nous invitent à la tempéc( l'ance et à la bienveillance. »

Ainsi (retenons-le bien d'abord), le plus doux des éléments du bien-être, la charité, c'eàt-à-dire la joie

* Voir Bentham, passim^ et notamment Traité de législation^ liv. III, chap. I.

Voir aussi Comte, Traité de législation, chap. i.

* Vauvenargues.

3 o n faut planter des arbres, soit fruitiers, soit champêtres, pour Tavan- « tage do la postérité ; et ne pas faire même une consommation inutile de • bois, do peur qu'il ne vienne à manquer dans la suite des temps. »

(Principes du droit naturel, de Wolff, analysés par Formet, liv. VI, ch. vi.)

* Philosophie morale, chap. iv.

tSa CONSCIENCE ET SQENCE DU DEVOIR.

que donne la vue du bonheur d'autrui, est un des él ments du bonheur , tel que l'observation exacte li^

FAFT CONNAITRE * .

638. Y a-t-il cependant des âmes assez peu gêné — lieuses pour être indifférentes à la vue du bonheuE^ d'autrui? Alors, h défaut do la charité, viendra dus moins, \)Our elles, la prudeuce. — La prudence esfc encore un des éléments du bonheur, tel que l'observation EXACTE LE FAIT CONNAITRE. Elle uous recommandera de borner nos prétentions au bien-être, en gardant une modération attentive à respecter le bienêtre d'autrui; sinon, exposés sans cesse au danger des réactions, nous manquerons de l'élément essentiel du bien-être qu'on appelle sécurité^.

639. Ainsi, comprenez-le bien, lecteur, Técole expérimentale ne verrait pas la présomption de l'accoml)lissemeut du devoir dans l'existence d'un bonheur prétendu, cherché dans Tégoïsme et Temportement des passions. Mais lorsque, combinant l'amour d'autrui avec l'amour de soi , et n'oubliant pas le lendemain, le bonheur, sainement entendu, satisfait à la fois le cœur, rintelligence et le corps, c'est, dit l'école expélimcntale, le développement de l'être. Or la loi de tout être est de chercher son développement , donc d'aspirer au bonheur. Le juste, c'est I'utile qui contient ce résultat. « La vertu, dit Bentham, n'est un

* C*est sans doute dans ce sens qu'il faut entendre ce vers d'Horace :

< Atquc ipsa utilîtas, justi prope mater et œqui ! »

« « Que rhumanité, dit Helvétius {Abrégé du Code de la nature)^ t'inté- « ressc au sort de ton semblable ! Songe qu'il peut un jour t'accablcr ainsi « que lui I »

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