‹ Conscience et science du devoirChapitre 152 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE VII. S6S · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE VII. S6S

rement, il a besoin du dégagement successif de toutes les vérités que Thomme peut découvrir en accomplissant son but provisoire.

Nous disons le dégagement successif : en effet, la vérité ne s'obtient pas entière en un jour, Loin de là : « Il est dans la condition des sciences de ne nous rien « apprend le qu'elles ne nous le fassent payer, en a nous montrant plus de choses encore dont elles ne ce nous instruisent pas *. »

Mais qu'importe la longueur de l'effort, si, pas à pas, cet effort nous conduit vers le succès? C'est ce qui a lieu. « On voit, entre les hommes, une conspira- « tion universelle, permanente, et déjà en pleine pros- (f périt é sur plusieurs points, pour se délivrer successic< vement de toutes les contraintes de la nature *. » — « Qu'ils se fatiguent maintenant! Qu'ils fassent effort! « Qu'ils se trempent de sueur! Leur grandeur ne ce m'échappe plus. Je puis les plaindre ; mais je vois « en eux des maîtres. Je les admire ^. »

653. Puisque la vérité ne se montre que par degrés, il ne faut pas s'étonner que le champ soit encore ouvert aux controverses, sur la déterpnination du but défiijfitif à accomplir, sur la désignation des objets de Vassistatice due par tout être à tout être.

Q54. Et comme la déterniination du but est nécessairement préjudicielle à celle des moyens, les esprits,

* J, Reynaud, Terre et Ciel^ p. 242.

• Id. ibid., pag. 6.

5 Id.,ibid., pag, 90.

« La destinée de Thomme, ajoute l'auteur, n'est pas de demeurer éter- « nellement rinférieur de la nature, puisqu'il s'agrandit continuellement, « et que la nature ne change pas. »

Ml CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOUU

divisés sur la désignation des objets de Vassistance, sont nécessairement aussi divisés sur la mesure de rétendue de Vassistance.

655. Mais les controverses , attentivement analysées, sur les deux parties du premier principe de la science du devoir, sont-elles vraiment nombreuses?

En recherchant ce que les sages ont appelé le souverain bien, est-il vrai que les hommes se dispersent dans mille et une routes incertaines? routes dont, suivant l'expression de Montaigne, ce mille dévoyent (( du blanc, une seule yva?»

Des philosophes l'ont affirmé. Chacun se souvient de cette phrase de Pascal : « L'un dit que le souverain Ci bien est la vertu; l'autre le met en la volupté; a l'autre à suivre la nature ; l'autre en la vérité :

« Félix qui potuit rerum cognoscere causas! »

« l'autre à l'ignorance tranquille ; l'autre à l'indolence; c< l'autre à résister aux apparences ; l'autre à n'admice rer rien »

Ce cri du scepticisme, jeté par Pascal, trouble les âmes de deux manières. Premièrement, il laisse bien du vague, en opposant les mots vertu y nature ^ vérité, comme de prétendues dénominations difTérentes du souverain bien. En second lieu, il effraie par l'étendue illimitée du nombre des espèces de souverain bien qu'il semble indiquer : car il faut remarquer que Pascal procède sous une forme énonciative ; il laisse tomber seulement, comme en passant, une série d'exemples, qui en supposent implicitement beaucoup d'autres.

Un préjugé l'ort à la mode accepte cette supposition

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