PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE VIL
gitimîté de ce bien-être est soumise à un examen pro*posé à l'intelligence, c'est le résultat de cet examen qui devient le critérium. Or, qui sait ? L'intelligence affirmera peut-être que le devoir est de souffrir icibas! Et la doctrine de l'intérêt limité par lui-même disparaîtra! Alors le bonheur, dans cette vie ou dans l'autre, reviendra comme « résultat des bonnes ac- « lions * / )) Mais ce ne sera pas le bonheur terrestre qui se présentera comme signe des bonnes actions accomplies.
En un mot, Y utile ne sera plus \e juste. Cestleju^te qui deviendra Yutile. Or, qu'est-ce que le juste? Cette question, abandonnée par le système matérialiste impuissant à la résoudre, retournera ainsi à son point de départ, où d'autres systèiiies vont la reprendre en sousœuvre^.
I Ahrens, Cours de droit naturel^ Introduction.
* D'accord avec M. J. Simon, pour repousser les diverses nuances des systèmes matérialistes exposés dans ce titre, nous ferons cependant à cet auteur un reproche (annoncé déjà, par nous, n<^ 172). Entraîné par la confusion qu'il fait de Vidée du juste et de la science du juste, il n'a pas aperçu ce qu'if y a, après tout, de sagacité philosophique dans les honmies qui, désespérant de voir régner le bien, tout le bien, rien que le bien, essaient du moins de limiter le mal. Pourquoi les accuser • de se passer de Vidée « dans la construction d'une philosophie morale {Le Devoir, pag. 29/i) ? de « reconnaître toutes les passions pour légitimes » (pag. 274 et suiv.)? de dire < qu'il n*y a pas de loi » (pag. 424)? — En commençant par de tels actes d'accusation, l'auteur, on le conçoit, se trouve tout étonné lui-même de la facilité avec laquelle il foudroie Hobbes et Adam Smith, Occam e^ Pourier. « // se sent contre eux trop fort. » Par une généreuse inspiration^ il se prend à craindre de les calomnier.
II ne les calomnie pas, puisqu'il ne les attaque pas avec iftauvaise foi. Mais il les comprend mal. — Ces hommes ont, comme lui. Vidée du juste; mais ils distinguent grandement, à la différence de M. Simon, la science du Juste et la conscience; ici, ils ont mille fois raison.— Leur intelligence se met donc en quête de souscriptions, pour tâcher de bâtir le temple d'une science <lue (contre l'évidence) M. Simon croit toute faite!.... Nous pensons fermeuient qu'ils n'ont pas réussi. Mais enfin ils ont essayé. Adversaires courtois
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GONSaENCE ET SGIENCB VO DEVOIR.
TITRE II