‹ Conscience et science du devoirChapitre 191 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. ^ LIVRE VIL · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. ^ LIVRE VIL

A mesure que nous avançons, nous nous demandons, de plus en plus, si nous ne devenons pas c< Vox clamantis in deserto? )> En effet comptons, non sans frayeur, tous les points de la route où nous avons pu être abandonné par nos lecteurs.

Et d'abord , l'épilogue de notre seconde partie (no 172) a écarté ceux qui n'ont pas la foi au devoir; soit qu'ils tombent dans le scepticisme, l'athéisme, le panthéisme ou le fatalisme ; soit qu'ils confondent le devoir avec l'ordre imposé par la force, créé par la convention, ou tracé par l'autorité.

Un peu plus loin, autre séparation. — Les lecteurs qui n'ont pas accepté l'explication de la conscience DU DEVOIR, telle que la donne notre troisième partie, ont jugé inutile d'étudier, avec nous, dans la quatrième partie , la science du devoir (toute faite , à leur avis, dans l'inspiration individuelle ou générale).

Ainsi les chercheurs seuls de la science sont restés dans nos rangs. — Mais, à chaque station plus avancée du chemin, tels ou tels ont pu successivement nous délaisser; faute de s'accorder avec nous, soit sur les questions de perfectibilité et d'immortalité, soit sur l'affirmation de l'unité des objets du devoir, ou sur l'affirmation de l'unité de la science et de celle de la méthode, soit enfin sur le choix de la méthode elle-même.

Les plus persévérants, nous voulons l'espérer, ont franchi, sous notre conduite, toutes ces étapes. — Mais près de fournir la dernière, quelques-uns encore ont pu rompre les rangs. Peut-être ils ne se sont pas ralliés au principe du devoir formulé dans le titre IV de

SJK CONSCIENGB ET SCIENCE DD DEVOIR.

ce livre. Peut-être ils ont continué à lui préférer un des principes réftités par nous dans les titres I, II, et III.

Enfin, s'il est des disciplus fidèles qui^ arrivés à la fin de ce livre YII, n'ont pas déserté notre drapeau, nous avons un dernier mot à leur dire, pour les associer plus étroitement aux doctrines que nous croyons les plus saintes. — Il faut qu'en comparant les conséquences des quatre systèmes exposés dans les titres précédents, nous .écartions quelques doutes qu'on essaiera de faire naître sur l'exactitude de la pensée de notre livre VIL

718. Cette pensée est celle-ci : le matérialiste stationnaire, le matérialiste progressif, le spiritualiste ascète et le spiritualiste progressif, ne peuvent a'aocorder ni sur le premier principe de la science du devoir, ni sur les conséquences journalières à appliquer dans la conduite de la vie. Le choix entre ces quatre systèmes est donc préjudiciel à la direction de la liberté par rintelligence Eh bien! des auteurs ont

contredit cette pensée. Ils ont élevé contre elle, soit l'une, soit l'autre des deux propositions suivantes, savoir :

Première proposition : Le matérialiste stationnaire et le matérialiste progressif, le spiritualiste ascète et le spiritualiste progressifs peuvent s'accorder sur le premier principe du devoir.

Deuxième proposition : Le matérialiste stationnaire et le matérialiste progressif, le spiritualiste ascète et le spiritualiste progressif, peuvent ne pas s'accorder sur le premier principe, et s'accorder sur les conséquences.

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