‹ Conscience et science du devoirChapitre 200 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE VIL · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE VIL

les consécfiiencesdeYégoïsme à limiter? àeV expiation à subir? de Y égalité proportionnelle à établir?

Faut-il faire un aveu plus compromettant ? Faut-il accorder que le principe du spiritualisme progressif,

RECHERCHE DU PERFECTIONNEMENT DE l'eSPÈCE DANS CETTE VIE, PAR LE DÉVOUEMENT DE l'iNDFVIDU, ESPÉ- RANT, DANS UNE AUTRE VIE, SA RÉCOMPENSE, présentera, à ceux qui voudront Féludier, plus de difficultés que n'en présentent les autres principes, moins purs que lui? C'est ce que prétendront certains railleurs \ «Eh quoi! diront-ils, pour apprendre à se diriger, l'individu doit demander à l'humanité tout entière comment elle se dirige?... Est-il un chemin plus long et plus difficile ? »

Ce chemin sera le plus long?.... Et qu'importe, s*il est le plus sûr?... Il est le plus sûr, d'après cette excellente pensée de Joubert : « Faire les plus petites ce choses par les plus grands motifs, et voir, dans les < plus petits objets, les plus grands rapports, voilà le « plus grand moyen de perfectionner en soi l'homme (t sensible et l'homme intellectuel. »

Ce chemin sera le plus difficile?.... Quand cela serait; l'homme est-il né pour se reposer? Il a fallu méditer avec plus d'efforts, pour inventer le télégraphe électrique et créer les locomotives, que pour organiser la poste aux lettres, ou paver les routes ! Valait-il mieux se contenter de ce qui était plus aisé? Non, certes*!

* Nous voyons, avec un profond sentiment de tristesse, M. Cousin se joindre à ces railleurs, dans un passage de son livre intitulé Le Vrai, le beau, le bien,

* Âltius ibunt qui ad summa nitentur, quam qui, praîsumpta desperatione quo velint evadendi, protinus circa ima substiterint. (Qcintilien.)

Ainsi donc, électricité, vapeur, l'approchez les distances! Aplanissez les obstacles! Faites, de toutes les nations, une seule nation ! Du globe tout entier, une commune !... Et, pendant que les prodiges accomplis par vous, dans Tordre physique, réaliseront l'accord des intérêts dans l'unité, pourquoi notre principe moral (ne semble-t-il pas fait pour marcher avec vous ?) n'accomplirait-il pas aussi ses merveilles, en réalisant l'accord des cœurs dans le dévouement?

Mais, au surplus, nous sommes loin de convenir que ce principe mérite l'accusation qu'on élève contre lui. Nous le croyons, au contraire, plus aisé à appliquer que les principes incomplets écartés par lui. Supposons que l'homme le plus illettré, avant d'agir, se demande : « Ce que je vais faire est-il bon pour « tous mes frères? » Nous soutenons qu'il a bien moins de chances de se tromper sur la réponse, que s'il se demandait : « Ce que je vais faire est-il, avant ce tout, bon pour moi! »

Que ne nous est-il donné de pouvoir faire une épreuve ! De voir toute une généi ation élevée sous la tutelle du principe du dévouement! Apprenant, dès le plus bas âge, par les premiers avertissements des mères, par les conseils des pères, par les leçons publiques, par les catéchismes religieux, que nul de nous

n'est né pour lui-même Que tous nos prétendus

droits sont des devoirs !

Ou nous nous trompons fort, ou un demi -siècle d'enseignement viril de ces vérités changerait l'aspect de la science morale, renfermée encore, de nos jours, dans l'enfance du principe d'individualisme !

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