‹ Conscience et science du devoirChapitre 247 sur 331 · PARTIE lY. — SGIENGE DU DEVOUU — LIVRE IX · texte numérisé non relu

PARTIE lY. — SGIENGE DU DEVOUU — LIVRE IX

Faire Tusage qu'on veut de Targent gagné par le travail, certes c'est la juste récompense de ce travail lui-même. — Mais l'intérêt de la société veut quechacun contribue, suivant sa fortune, aux dépenses de l'administration de l'Etat : le droit public crée les impôts, prélibation sur le produit du travail.

Voilà quelques exemples des sacrifices que le droit public demande \

810. Rien de plus exact et de plus sacré que la pensée de patriotisme ^ à laquelle ce droit public répond. Mais est-il une pensée, même la plus sainte, dont n'ait abusé la liberté que l'homme a de mal faire?

Rien de plus funeste que l'oubli ou l'exagération de cette pensée. L'histoire du droit public est le plus éclatant exemple du plus triste privilège de notre grandeur morale; grandeur qui n'apparaît jamais mieux que dans le pouvoir suprême qu'elle a de se dégrader.

L'oubli de cette pensée vient de l'égoïsme des gouvernés, dont l'opiniâtreté inintelligente refuse aux gouvernants les moyens nécessaires à l'ordre. L'anarchie alors est chargée de les punir. Puis la lassitude de Tanarcbie les ramène à l'ordre, par le despotbme.

L'exagération de cette pensée vient de l'égoïsme des gouvernants, confisquant, à leur profit, un gi*and nombre d'intérêts individuels, sous le prétexte de ne

> Voir, sur leur classification, Rossi, Traité de drùit pénal, liv. U^ chap. Yiu, xxiv, XXVII ; — Bentham, Principes de code pénal^ partie IV, ehap. xxTin.

t Pensée que formulait Solon, quand il proposait, pour écarter toute injustice, ce moyen : < que chaque citoyen ressentît l'injure faite à u» « autr$^ auui vivement que celle qu'U éprouvait luinnime. »

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pouYoir garantir la paix publique qu'au prix du samfioe de ces intérêts. Alors la liberté paralysée, l'égalité comprimée par des restrictions trop nombreuses, font explosion, voulant chercher un état meilleur ; et elles ramènent provisoirement Fanarchie.

811. Les révolutions, qui modifient le drot^ politique, ne sont en général que des moyens d'arriver à un auti*e but, à l'extension de la liberté par la modification du droit public. Etudiez le grand mouvement de 1789 ! Qu'était-ce que la demande d'une constitution nouvelle? sinon l'espoir de la venue d'un législateur plus éclairé, qui ne craindrait pas d'établir la liberté des cultes et de la presse, de démolir les bastilles, et de créer l'égalité devant la loi ?

812. Les révolutions trouvent leur fin par les chartes. Entre les gouvernés et les gouvernants, il s'opère des traités de paix, où se fixe la limite de ce qui sera désormais permis ou défendu aux exigences du droit public. Ce sont des contrats synallagmatiques, contenant les clauses au moyen desquelles les gouvernants promettent une protection efficace, et les gouvernés une coopération satisfaite.

Ces chartes, toujours expliquées par des causes historiqueSy formulent, sur le droit public, deux ordres de dispositions, savoir:

1® Les dispositions qui déterminent l'étendue des sacrifices que les intérêts de famille et privés des^ouvemés devront faire à l'intérêt général ;

2o Les dispositions qui promettent aux gouvernés que les gouvernants n'élèveront plus leurs prétentious au-delà de ces sacrifices acceptés. N'élèveront plus :

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