‹ Conscience et science du devoirChapitre 281 sur 331 · PARTIE IV. — SaENCE DU DEVOIR. — UVRE X · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SaENCE DU DEVOIR. — UVRE X

les résultats des deux méthodes, en ce qui touche Té* tude de la loi dans le présent et dans le passé.

Et Tétude de Y avenir ! celle-là attend bien moins de la méthode exégétique que de la méthode indépen^ dante. — La première, en conservant, dans son pêlemêle, un ordre législatif toujours différent d'un ordre didactique, rend stationnaire la métaphysique du droit. Elle la fixe dans un moule défectueux de divisions su* rannées. Préfère-t-oii une autre métaphore? Elle l'endort dans un lit mal fait. — La seconde cherche perpétuellement une combinaison plus approfondie des idées du )uste el de Vinjuste.

Enfin faisons une dernière remarque. — Loin de nous la prétention de conclure rigoureusement, de la forme d'une pensée, à sa nature. Il y a, dans les divers esprits, des nuances si variées, que telle méthode, rebelle, suivant nous, à l'exposition de telle ou telle croyance, peut être utilement employée par certains partisans déclarés de cette croyance. — Nous ne défions nullement la méthode exégétique de placer la philosophie spiritualiste dans le commentaire... D'autre part, une philosophie matérialiste peut certainement inspirer, dans le traité, la méthode indépen^ dante.

Mais pourtant, il faut le dire, la méthode exégétique convient bien plus aux allures du scepticisme qui n'envisage le droit que comme une conséquence arbitraire de la volonté du législateur. — La méthode indépendante y au contraire, est l'instrument préféré par la foi qui croit le droit naturel supérieur au droit positif; par la foi qui ne voit dans le second qu'un

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essai de réalisation du premier , essai toujours soumis aux méditations de la science progressive ^

8C9. Tels sont les motifs qui nous engagent à préférer la méthode indépendante.

Professeur, dans notre cours oral, nous ne pouvons user de cette méthode qu incomplètement.

On sait la position où sont placés les membres du coi'ps enseignant chargés du cours triennal de Code Napoléon. Pour eux, point d'initiative. Nulle liberté de classer, dans l'ordre qui leur parait le meilleur, les leçons de ce cours triennal. Des règlements assignent à chacune des trois années d'enseignement, le tiers, invariablement fixé, du Gode Napoléon, dont elle devra fournir l'explication, partagée à l'avance, suivant les numéros des articles.

Nos collègues des Facultés allemandes ne veulent pas nous croire, quand nous leur racontons qu'il en est ainsi.

Nos pelits-fils révoqueront en doute, comme une fable impossible, ce refus qui nous est fait de la spon-

* La méthode indépendante a des moyens de mnémotechnie, meilleurs que les moyens indiqués ci-dessus (note du n* 8G8).— Cesont les arbres généalogiques, les tableaux synoptiques, où Ton présente les diverses branches de la science par une ligure disposée en branches et rameaux.

On a donné un caractère ridicule à ces moyens, en dessinant ces tableaux synoptiques sous des formes bizarres.

Leibnitz mentionne TefTort étrange de ceux qui ont voulu donner à un tableau synoptique du droit la forme d'une jeune fille ou d'un âne :

« Quidam virginem commenti sunt, varie ornatu, cujus per lacinias, et « roundum muliebrem, tituli juris concordantes juste ordine diffundeban- « tur. — Fuit et qui asini figura oranes juris materias reprœsentaro co- « natus est. Posses hanc vero pontem asinorum dicere ! »

Leibnitz, qui tourne en raillerie ces moyens, ajoute avec un grand sens : < Sed tutissimum mnemonicsB genus est melhodus solida et accurata, • {Nova meihodtis discendœ docendœque jurisprudeniiœj Pars specialis.)

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