PARTIE I\. — SCIENCE DU DEVOIR. — LIVRE L
Veepèee humaine? — Trms 438. Sens des vaotâ perftctUriUti H-
réponses à cette question. mitée,
435. l** réponse : Perfectibilité tena- 430. 3^ réponse : PerfectilHlité in-
poraire de la nation. finie de l'humanité.
430. 2* réponse : Perfectibilité con- 440. Les controverses sur l'étendue
tinue, mais limitée, de Tbu- de la perfectibilité de V
manité entière. pèce humaine, sontpr^udi-
437. Sens desmots per/ec<tM7t^écon<» cielles à la science du de-
tinue. voir.
42 1 . Limitons la question qui fait l'objet de ce chapitre. Pour la poser, nous n'avons pas à interroger Tastronomie sur la pluralité des mondes, sur le sens absolu ou relatif des mots iiéant et infini, chaos et a^éation K — Nous n'avons pas même à demander à la géologie la connaissance, déjà bien plus modeste, de rhistoire de notre globe. Franchissons d'un saut les milliers de siècles que contient chaque jour indiqué par la Genèse. De l'âge du feu, de l'âge des eaux, de l'âge de la formation des continents, amvons à l'âge de Tapparition de l'espèce humaine sur ces continents ^ . — Qu'y vient-elle faii*e^? S'éteindre, durer ou grandir?
422. Chacune de ces trois hypothèses a eu ses partisans. — Un premier système croit saisir, dans notre
< Voir, dans l'ouvrage de M. J. Reynaud {Terre et Ciel) le développement des propositions suivantes : Successivité de la création dans ses parties; existence étemelle de la création dans son ensemble; la création a dû être dès qu'elle a été possible; supposition, par cette existence
étemelle, de la préexistence étemelle d*un créateur, comme Tempreinte d'une main posée de tout temps sur le sable suppose la préexistence de la main; distinction de l'infini et du fini éternel, etc
* Age de Pluton, de Neptune, de Pan, de Jupiter. — Comp. J. Reynaud, ferre et CieL
' « Je vois avec ravissement, dit l'auteur que nous venons de nommer, « le torrent de la vie se précipitant, à la voix de Dieu, du sommet des « âges, avec un grossissement incessant ; et, à chaque temps de sa course, « semant magnifiquement les animaux sur son passage, comme des témoins « de son indéfectible fécondité, jusqu'à l'humanité, dans le sein de laquelle • il s'engouffre, en grandissant encore. > ( Terre et Ctei, pag. 200.)
46 GONSaENGE ET SCIENCE DU DEVOIR.
destinée, raccomplissement d'une loi constante de dégénérescence. — Un second croit à la continuation d'une destinée toujours semblable. — Un troisième signale l'amélioration possible de cette destinée. — Dégradation : état stationnaire -.perfectibilité; laquelle de ces trois devises est exacte?
423. i^^ SYSTÈME. Dégradation successive de l'eS" pèce humaine. — ^Des poètes se sont amusés à imaginer le paradoxe de l'abaissement continu de la race humaine. Us ont supposé un âge d'or, suivi d'un âge d'argent, d'un âge d'airain, d'un âge de fer. Tout au plus l'un d'eux, Hésiode, pour flatter les héros de la Grèce, consent-il à intercaler, à l'avant-dernière place, un âge d'amélioration mpmei;itanée, que doit suivre bientôt une nouvelle décadence.
424. 2® SYSTÈME. État stationnaire de l'espèce humaine. — Sans croire à une dégradation inévitable, l'observation, dans des jours de découragement, frappée de l'aspect des mêmes vices, des mêmes crimes reproduits en tous temps, a déclaré l'humanité stationnaire. L'orgueil d'une époque, en flétrissant du nom d'époques barbares les siècles qui l'ont précédée, ressemble, a-t-on dit dans ce sens, à la manie de ce fou du Pirée, qui s'imaginait être seul propriétaire de tous les vaisseaux réunis dans le port d'Athènes. Bien compris, tous les siècles contiennent un résultat identique au fond, différent seulement dans la forme extérieure. La proportion relative de la somme du bien et de la somme du mal reste la même : on voit varier tout au plus les chiffres des sommes partielles qui composent l'un et Tautre total.