PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE I
exagérer. — Pour eux, ramélioration de la destinée de notre race est indéfinie^ mais non pas infinie. Cette amélioration ne peut se réaliser que dans le cercle des caractères essentiels de notre être : elle porte sur les modalités, non sur la substance.
439. 3® RÉPONSE. Perfectibilité infinie de l'huma^ nité. — Cette troisième réponse est celle des utopistes. Ceux-ci ne s'arrêtent pas à l'espoir modeste signalé dans notre numéro précédent. Pour eux, la perfectibilité ne demeure pas indéfinie: elle devient infinie. Ils ajoutent d'avance des ailes à la statue que le travail des générations doit dégager du bloc. Le but à atteindre leur paraît comme une Ithaque reculant longtemps devant le vaisseau qui la cherche; et ils espèrent qu'en montant incessamment vers Dieu, nous échangerons noire condition humaine contre une autre plus élevée. — Nul n'a le droit d'affirmer qu'ils se trompent. Mais, jurisconsulte, ne perdons pas le temps à les suivre dans la région des chimères, en berçant, par l'espoir de merveilleuses transformations, Tillusion exagérée de nos rêves.
440. Quoi qu'il en soit , constatons du moins que le choix entre la première et la deuxième réponse à notre seconde question est préjudiciel à la science du devoir. — Si c'est Vico qu'il faut croire, la science du devoir ne sera que la science de se .souvenir. Les traditions morales laissées, dans le passé, par une société arrivée à son apogée , seront le code tout fait de toute autre société qui arrivera à son tour, par les mêmes phases, à la même apogée. — Au contraire, si l'on s'attache de préférence à Herder, une morale plus appro-
foDdie deviendra, de jour en jour , nécessaire aux besoins nouveaux des progrès incessants de rhumanîté. Condamner les peuples futurs à ne faire que ce qu'ont fait les peuples passés, ce serait imiter «Terreur ce d un enfant qui croirait voir la réalité dans le re- « flet, produit par un miroir, d'un objet placé der- (( rière lui *. »
TITRE VI