‹ Conscience et science du devoirChapitre 38 sur 331 · PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — SCIENCE DU DEVOIR. — UVRE I

plément, savoir : Tindication de la place qui résulte, pour la science du devoir, de ces relations.

442. L'antiquité avait adopté une division peu nette des sciences. Sous le nom général de philosophie S elle présentait trois ordres d'études : !• la physiologie; a® la logique; 3® l'éthique ou morale.

!<> La physiologie. C'était la science de 4a nature et de l'origine des coi'ps et des esprits : la physique et la métaphysique.

2'' La logique. C'était spécialement la science de la certitude.

3® L'éthique ou morale. C'était la science du but de l'existence.

Leibnitz appelle ces trois parties de la science : partie théorique y partie discursive, partie pratique .

443. Dans les temps modernes, on restreignit le sens du mot philosophie. On distingua le monde visible et le monde invisible.

On démembra, de la commune appellation philosophie, toutes les sciences qui s'occupent des questions sur la nature des corps : on en composa une première famille de sciences, sous le nom de sciences naturelies. Elles se détachèrent de la philosophie, « comme c< le fruit du sein de la mère. Progéniture quelquefois c< ingrate ! Car, parmi elles , il en est plus d'une qui

1 Sagesse , science universelle. Weltweis héit, coînme dit Wolff. — Des érudits font remonter le mot grec aof ta jusqu'à la langue hébraïque, dans laquelle le mot safah signifie speculari. Ils disent que les Hébreux appelaient leurs prophètes sofihm^ à une époque où les Grecs cultivaient à peine les sciences.

« Nous concevons surtout le philosophe, comme connaissant l'ensemble < des choses autant que cela est possible. > (Aristote, Metaph.)

« insulte à sa mère, et se met en rébellion contre son « autorité * ! »

On laissa, sous la dénomination de philosophie ou de sciences philosophiques , une seconde famille de sciences , savoir :

!• Les sciences qui s'occupent de la nature de l'esprit;

2^ Les sciences qui s'occupent des origines des corps et des esprits ;

3** Les sciences qui s'occupent du but de l'existence des corps et des esprits.

444. Quoi qu'il en soit, dans la division ancienne comme dans la division moderne, quelle est la place de la science du devoir ? Si nous disons qu'elle a la place de prédilection entre ses sœurs si nous prétendons même qu'elle est l'astre central au milieu de ses satellites, la souveraine au milieu des sujettes qui

se disputent l'honneur d'être ses porte-flambeaux

on rira de cette outrecuidance d'un auteur porté à exalter l'objet de ses recherches.

Et pourtant rien n'est plus exact. Essayez de conce* voir un homme s' occupant de toutes les autres sciences, sans y rattacher l'idée deinière de la recherche de sa destination! La définition de cet homme imaginaire devient ridicule. Il n'est plus qu'un animal sottement curieux. Si je veux garder le nom d'être raisonnable, que faut-il que je fasse? Il faut que, me posant ces deux questions : Que suis-je? D'où viens-je? j'aie en vue de résoudre cette troisième question : Où vais-je?

^ Ortolan, Introduction au cours de législatwn pénale comparée.

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