‹ Conscience et science du devoirChapitre 50 sur 331 · PARTIE IV. — 8€IENCB DU DEVOIR. — LIVRE IL · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — 8€IENCB DU DEVOIR. — LIVRE IL

esprits exagèrent le respect pour elle, jusqu'à nier qu'aucune autre direction puisse se concilier avec celle que le droit donne. En d'autres termes, ils nient la légitimité de la direction individuel le« désignée par le mot morale.

460. Nous ne suivrons pas ces esprits absolus dans les errements d'une logique apparente.

D'autre part, nous venons d'abandonner (titre précédent, n®* 451 à 458) ceux qui ne croyent a la morale qu'à la condition de l'accepter seule, soit dans l'état anté-social) soit dans un état supposé extrasocial.

Nous avons abandonné de même, dans notre premier volume (n®» 278 et 347), ceux qui, éblouis par la confiance qu'ils ont en leur conscience, acceptent d'elle seule la direction qu'ils appellent moraZe. Ceux-là nient aussi l'existence du droit (ou du moins ils Tadmettent, tout au plus, comme une collection d'ordres arbitraires, une réglementation de je ne snis quel utile j autre que le juste y qu'ils ne peuvent bien définir.)

Nous nous plaçons entre toutes ces exagérations. Nous voulons faire vivre en bonne harmonie le droit et la morale. De ce que l'homme agit conformément à sa nature en se soumettant au droit (direction sociale), il ne s'ensuit pas qu'il agisse contrairement à sa nature, quand, à côté du droit, il garde la morale (direction individuelle).

Aussi, partout, la société respecte cette dernière direction. Elle confie le soin de l'éclairer à l'éducation de la famille, aux leçons de l'enseignement public, aux prédications de la religion, qui, ce faite pom* parler

TS CaNSCIBNG^ ET SUENGK DU DEVOIR.

« au ccBUTy doit donner beaucoup de consdls et peu « de préceptes K » Pères de famille, prêtres, professeurs de lettres ou de sciences, magistrats, avocats, n'oubliez pas l'exemple donné par les jurisconsultes romains [voy. ci-dessus, tome I, n^ 362) ! Soyez, en toute occasion, par vos discours comme par vos actes, les apôtres de la morale !

461. Montrons que la société ne se trompe pas, en reconnaissant, à côté du droit, la coexistence de la direction compléuientaire appelée morale.

La légitimité de celte direction résulte du besoin d'une indépendance partielle ; caractère aussi essentiel, dans l'honmie, que le caractère de sociabilité (dont il est, jusqu'à un certain point, l'adversaire).

462. Ce besoin d'une indépendance partielle est énergiquement invoqué de deux côtés bien différents, savoir : par les vertus de l'homme et pur ses vices. — Par les vertus de Thomme, c'est-à^lire par l'esprit de progrès, qui confie aux efforts de chaque individu le soin de provoquer Tamélioration du droit ^. » — Parles vices de l'homme, c'est-à-dire par mi esprit de rébellion qui, du moins dans l'état actuel de la civilisation, ne pourrait accepter le joug trop gênant d'un droit qui voudrait tout prévoir.

Développons ces idées dans ces deux propositions :

* Montesquieu, Esprit des lois y livre XXIV, chap. vu. Benthamvoit, dans les ecclésiastiques, des professeurs de morale, chargés

de suppléer aux lacunes des lois positives.

(Principes du Code civile chap. xiv.)

* it iËquitas suggerit, etsi jure deficiamur. »

Paul, fr. 2, S 5, Dig., De aqua et nquœ pluviœ arcendœ, (lib. XXXIX tit. m,)

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