‹ Conscience et science du devoirChapitre 8 sur 331 · AUTRES SCIENCES · texte numérisé non relu

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c Quand la philosophie anra accompli sa carrière ex- « périmpntale, elle pourra contribuer aussi à étendre tt • à perfectionner la philosophie morale : attendu que la « connaissance de la cause première et de ses rapports « avec nous peut agrandir nos idées relativement à nos t devoirs envers elle, et à tons nos autres devoirs. • (Neition, Optic., liv. III, quest. 31.)

« La notion, telle quelle, de la physique, m*a gran> « dément servi pour étahUr dcft fondements certains « sur la morale. •

(DB8CUITE8, édition Gamier, t. III, Lettre à M. Ghanut.)

396. La science du devoir, c'est-à-dire de l'assistance due par tout être a tout être,, demande l'étude de tous les éléments de cette assistance. — La science du devoir demande l'étude de toutes les sciences, pui»que toutes les sciences recherchent les éléments de Vassistance due par tout être à tout être.

396. Le principe du devoir est u assistance due PAR TOUT ÊTRE A TOUT ÊTRE. )) ÂssistaDce, c'est aide à la conservation, au periectionnement , au bonheur. Or, comment pourrai-je aider mon semblable, sans connaître les lois de tout ce qui peut l'aider ? Citons encore Pascal* : « L'homme a rapport à tout ce qu'il (( connaît. Il a besoin de lieu pour le contenir, de « temps pour durer, de mouvement pour vivre, d'éc< léments pour le composer, de chaleur et d'aUments <i pour le nourrir, d'air pour respirer. Il voit la lu- « mière, il sent les corps; enfin tout tombe sous son ce alliance.^.. Il fiiut donc, pour connaître l'homme,

* Pensées,

ff savoir d'où vient qu'il a besoin d'air pour subsister; c< et, pour connaître l'air, il faut savoir par où il a (( rapport à la vie de l'homme. »

En vain j'essaie d'abstraire : je ne puis concevoir l'anthropologie sans l'étude des animaux, des végétaux, des minéraux. Je vois la science du devoir « présupposer, comme base, une science plus vaste

« qui traite de nos relations avec toutes choses

« Semblable au système nerveux qui, dans le corps ce humain, est lié par filets avec tous les autres sys< c< tèmes, la morale se rattache à toutes les sciences, « sans pourtant ôter à chacune sa spécialité *.

Rien de plus exact que cette proposition, écrite par

Hubner : « Les lois naturelles ne sont que le résultat c< des réflexions faites sur la nature de l'homme, sur ce sa constitution, sur les relations qu'il a avec les « êtres qui l'environnent, et sur les différents états « qui en naissent^. » — L'ignorance brûlait les sorciers ; les progrès de la physique ont éteint les bûchers, en faisant voir, dans les prétendus sorciers, des hommes inoflensifs, curieux de découvrir les mystères des sciences naturelles. — Telle ou telle analyse médicale de toutes les nuances de la folie pourrait modifier les bases du Gode pénal. Tel ou tel résultat d'expériences chimiques a diminué le nombre des empoisonnements, en augmentant, contre ceux qui seraient tentés d'empoisonner, les chances de la coii-

1 Ahrens, Cours de droit naturel (introduction, chap. i, et partie géut^rale, chap. i, S 3).

* Essai sur l'histoire du droit naturel, partie I, introduction.

PARTIS IV. — SGI£NCB DU DEVOia. — UVRE I. 9

statation des crimes. — Que robservation fasse ressortir quelque loi jusqu'alors inconnue de physiologie ', de psychologie^, de phrénologie!... Et cette loi va peut-être réformer Féducation de la jeunesse. Le point d'interrogation sur l'étendue du magnétisme n'est*il pas le point d'interrogation sur une partie C(msidérable du libre arbitre '? — En résumé, il n'y a pas de sciences, d'arts, de métiers dont l'étude se présente comme contemplative et de pure curiosité. Quel que soit l'objet de son travail, l'homme taille une des facettes du diamant où les mille rayons de la lumière se réfléchiront, pour éclairer la pratique du devoir *• Il y a un peu d'oubli de cetle vérité, mais un sentiment exact de la relation de la science du devoir avec les autres connaissances, dans cette hyperbole de Mallebranche : a Sciences abstraites, quel-

* La physiologie est la sœur de la psychologie. — J'aime ce naif aveu du judicieux Domat : « Un peu de beau temps, un bon mot, une louange, me « tirent d'une profonde tristesse, dont je n'ai pu me tirer par un effort de « méditation. Quelle machine que mon ftme ! Quel abime de misères et de « faiblesses! »

* « Assurément, nous désirons que Jes physiologistes soient en môme < temps métaphysiciens et réciproquement. »

(Préface, par Jodffroy, des Esquisses de philosophie morale de

Dugald Stewart )•

3 Dans un traité de Dugald Stewart {Eléments de la philosophie de Vesprit humain, introduction, partie I), on trouve une note curieuse à propos de la question, posée par Bacon, des rapports de l'esprit et de la matière.

^ M. Ortolan {Introduction philosophique au cours de législation pénale)^ Faick {Cours d'introduction, chap. m) , Eschbach {Cours d'introductiion* partie III), énumèrent les sciences qui sont le plus directement auxiliaires de celle du devoir : économie politique, médecine légale, etc.

M. Jules Simon, repoussant des abords de la science morale toutes les écoles mjrstiques, historiques, naturalistes, etc., a raison en ce sens que la conscience donne l'idée et le premier principe du juste, sans avoir besoin d'aucune d'elles. — Mais il devrait reconnaître que toutes les sciences sont nécessaires pour toutes les applications de ce premier principe.

« que éclatantes et sublimes que vous soyez, vous «n'êtes ••*^' - ^~^- — '-

que eciaianies ei suDumes que vous soyez, vous n'êtes que vanité! je vous abandonne, je veux étudier la religion et la morale ^ ! »

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