Nous avons, d'avance, dans notre tome I
*• Diicaun sur la méthode^ partie VI.
iSS CONSCIENCE ET SCIENCE DU DEVOIR.
écarté cette confusion d'idées. Nous avons soigneusement distingué, d'une part, le devoir, c'est-à-dire la direction donnée à la liberté par l'intelligence {u9* 43 à 47), et, d'autre part, la justice {ou amour du devoir), qui est du domaine de la sensibilité (n^'^ 228 à 250). — Or, /a morale et le droit sont les deux subdivisions de la direction donnée par l'intelligence. Ces subdivisions n'ont rien à démêler avec la sensibilité.
La sensibilité reçoit des impressions. Un désir coupable ( Voyez n®* 257, 256), peut survenir, sans avoir été appelé. Celte survenance est une occasion d'épreuve, et non un démérite par elle-même. C'est précisément à rencontre de ce désir, que la morale et le droit apportent leurs lumières. Pourquoi ? Pour tracer à la volonté, soumise à l'épreuve, la loi de la résistance. — Comment donc la morale pourrait-elle être définie un état de satisfaction de la sensibilité dans l'accomplissement du devoir? De deux choses l'une : ou ce serait en faire une impression aussi étrangère à l'idée de mérite ou de démérite que la soif ou la faim ; ou ce serait en faire une puissance capable d'empêcher toute souffi'ance de l'homme dans la lutte entre la passion et le devoir. — La première supposition ôte à la morale toute sa grandeur : la seconde nie l'évidence, en niant, dans celui qui résiste aux passions, l'exjstence d'une souffrance actuelle qui va parfois jusqu'à la mort.
Aussi, nous déclarons ne rien comprendre à ce premier sens de la formule. — L'obéissance à la morale^ comme l'obéissance au droit, est, à nos yeux, la victoire de l'action extérieure, contre l'ébranlement de la pensée intérieure; c'est la prédominance du respect du