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L'AVIS DES CHEFS

Nous reproduisons ci-dessous les déclarations faites au sujet de la conscription, le 17 janvier 1916, par sir Wilfrid LAURIER et sir Robert BORDEN, à la Chambre des Communes. ' C'est à ceite session que sir Robert Borden déclara qu'il avait promis 500,000 hommes à l'Ap,gleterre, que le parlement ratifia unanimement cette promesse par le vote de l'Adresse, et que la Chambre, unanimement aussi,— sauf M. Paul-Emile Lamarche {Nicolet), dissident, — accorda une prolongation de terme au ministère Borden.

"Il ne doit pas y avoir de conscription au Canada"

SIE WILFEID' LAUEIEE '

"Le discours du trône nous annonce que l'on nous présentera des mesures pour permettre au Gouvernement de continuer la guerre. Mon très honorable ami le premier ministre a fait, le 1er de l'An, la déclaration qu'il était prêt à offrir 500,000 hommes. Je ne discuterai pas aujourd'hui le point de savoir si la déclaration prémar tiu-ée de mon très honorable ami était exactement conforme aux règles du gouvernement parlementaire. Je mets de côté toutes ces questions dans un jour comme celui-ci. Je crois que nous aurons des explications syr l'offre de 600,000 hommes, qiu me semble un projet un peu vaste, mais encore une fois, je m'abstiens de porter un jugement à ce sujet. Je serai prêt et les honorables amis qui m'entourent, seront

également préparés à discuter, avec toute l'attention qu'elles méritent, les propositions que le Gouvernement jugera essentielles pour mener à bien la lutte dans laquelle noua sommes engagés. Mais permettez-moi de vous dire — et je crois qu'à ce sujét nous devons avoir tine expression d'opinion — ; que nous devons rêpouaser Immédiatement l'impression que l'on a cherché à oéer, que cette offre serait un premier pas vers la conscription. Il ne doit pas y avoir ds conscription au Canada. On a tenté pendant de nombreuses années, monsieur l'Orateur, d'effrayer le peuple avec le spectre de la conscription. Il y a eu, comme vous le savez, dans cette Chambre, quelques hommes qui, pendant les élections de 1911, ont déclaré que le vote de la loi navale était un prélude à la conscription. Il y a des hommes dans la province de Québec qui ont affirmé qu'au monîént où la conscription serait adoptée en Angleterre, la conscription serait adoptée ou proposée au Canada- La loi navale a été dans les statuts pendant six ans. Elle y est encorei, allé n'a pas été abrogée, comme pluaieurs membres de cette Chambre s'étaient engagés â l'fexigOT. EUe existe toujours et il n*y a pas encore de eowcription. pn' Angleterre on en est arrivé à la consomption, mais au Canada la conscription n'existera pas. En ce qui a trait à la conscription en Angleterre, ce serait vraiment de mauvais goût, je dirai plus, ce serait une impertinence de faire à ce sujet quelques remarques pour témoigner de notre approbation ou de notre désapprobation. Pour moi, je pui» dire que j'avais l'espoir de voir l'Angleterre poursuivre cette guerre prodigieuse en continuant l'appliéation de son ancien système d'enrôlement volontaire.

"Le gouvernement anglais ea a peiMé autrement; il a pensé 'que l'importance, la prodigieuse importance de la guerre à Iaquelle\ no^s devons faire face, l'obligeait à recourir à la conscription, et la mesure\qu'il a adoptée semble rencontrer l'approbation de la grande majorité du peuple de la Grande-Bretagne. Tout de même, monsieur l'Orateur, h, situation au Canada n'est pas la même qu'en Angleterre. Les raisons gui existent pour empêcher la conscription au Canada sont évidentes. A défaut d'autre* raisons, la principale, celle qui prime toutes les autres, c'est que nous ne pourrions implanter la conscription au Canada sans porter un coup terrible à noire politique d'immigration. Si nous voulons traverser avec sijcoês la période qui suivra la guerre et faire face à l'énorme dette qui s'accumule à l'heure actuelle, si nous voulons acquitter les dépenses énormes dont nous nous ehargeonê, le meilleur moyen d'atteindre ces résultats, c'est d'adOptra: une politique d'immigration sage et hardie, de façon à nous permettre d'assurer le développement de nos ressoiurces. Mais si jamais l'on venait à savoir, à l'étranger, que la conscription existe au Canada, cette notion porterait, je le répète, un coup mortel aux espérances que nous entretenons â ce sujet. Mais, la seule pensée de la conscription n'a-t-elle pas exercé une action préjudiciable relativement à nos étabUssements de colonisation dans le Nord-Ouest?

Ici, l'orateur cite un article d'un journal arufricain, le New York American; él il poursuit: >

"A tout événement, il laisse assez voir combien il importe que nous ayons au plu« tôt une déclaration autorisée de la part de mon très honorable ami, le premier miiiîstre, à ce sujet.

(Débats des Communes, 17 janvier 1916, vol. I, pages 19 et 20 de l'édition française.)

"Nous n'entendons pas établir de conscription"

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