NOS PRÉVISIONS
Il y a dix-huit ans:
Le 22 ocMre 1899, M. Henri Bourassa, parlant à Papineauville de l'envoi des troupes au Sud-Africain, disait (voir h compte-renfLu de là Patrie du 23):
$i aujourd'hui l'on demaEdè ëOÙ soMats au Canada pour aller combattre contre une nation de 300,000 âmes, que sera-ce quand l'Angleterre aura à lutter contre un peuple puissant ?
La. Toyez-ve-us aux pnse» avec la Russie? Alors l'on fera lever des milBers de Canadiens qu'on arrachera à nos paisibles campagnes et aux douceurs de la vie domestique pour les envoyer dans les steppes glaciales de la Sibérie.
Que serait-ce encore si la, mère-patrie allait porter la guerre en Allemagne?
A ce compte, nos fils devront s'attendre à partir au premier signal pour les quatre / coins du globe sans profit pour eux-mêmes ni pour la patrie qui a tant besoin de leurg bras et de leur intelligence pour prospérer et grandir.
Il y a trois ans:
Le 18 août 1914) quatorze jours après la déclaration de guerre, deux jours avant la réunion de la première session de guerre, M. Orner Héroux écrivait en tête du Devoir:
Nous prions ceux qui veulent réfléchir de méditer sur les conséquences financières — et autres — de cette révolution. ,
On n'envoie aujourd'hui que des volontaires, mais si les volontaires mahquent, est-ce que l'on se dérobera à ce que l'on aura afiSrmé être un devoir, swis prétexte que les offres de service ne sont pas assez nombreuses ?
Il y a deux ans: i
Le 18 juillet ISIB, M. Henri Bourassa, répondant à la Gazette, qui prétendait fu'il n'y aurait pas de service obligatoire, écrivait dans le Devoirs
La Gazette est-elle si certaine que nous n'allons pas à la conscription ? Le parlement, afiirme-t-elle, ne décrétera pas le service obligatoire, il ne doit pas le faire.
Le parlement a fait et décrété bien des choses que la Gazette ne trouvait pas opportunes, qu'elle jugeait même absurdes et condamnables, tant que ses chefs politiques n'eurent pas décidé de les mettre à exécution — par exemple, la contribution de trente-cinq' millions à la flotte impériale.
Le gouvenwœent a porté successivement le chiffre des troupes destinées à la guerre européenne de cinquante mille hommes à cent miïïe, puis à cent cinquante mille; et d a déclaré qu'il maintiendrait ces effectifs. On a même fait dire à M. Borden que le Canada fournirait à l'Angleterre cinq cent miUe soldats. ' Même si le gouvernement s en tient au chiffre de cent cinquante mille, et que les troupes ang]|aises et canadiennes continuent d^tre massacrées comme eUes l'ont été à Langemarck, il faudra, pour peu que la guerre" se prolonge, enrôler au moins 2SÛ,Û0O hommes.
Si le recrutement volontaire ne suffit pas à rempli c^ cadres, le gouvernement va-t-il faire savoir aux autorités impériales qu'il ne peut faire honneur à sa agnature? Il est plus probable qu'il exécutera le programme annoncé par le colonel Wilson: il aura recours à l'enrôlement forcé. \
Il n'est sans doute pas à propos d'effrayer le peuple inutilement; mais il est plus réprouvable encore de le leurrer d'illusions et de lui cacher les conséquences possibles et même probables, de l'attitude et des engagements pris par ses gouvernants.
Il y a deux mois:
Le 27 mars 1917, indiquant, dans le Devoir, les moyens les plus effxaces de s'opposer avx manœuvres des partisans de la conscription, M. Henri Bourassa écrivait:
Si une action intelligente, modérée, mais énergic(ue et inlassable, ne s'exerce pas dans ce sens, nous aurons certainerdent la conscription, sous une forme quelconque, avant trois mois.