‹ Conseils aux acheteurs de chevauxChapitre 36 sur 62 · DES CHEVAUX MALSAINS · texte numérisé non relu

DES CHEVAUX MALSAINS

Après ce qui vient d’être dit, il serait à peine nécessaire d'expliquer ce que l’on entend par chevaux malsains ; mais en considération de l’importance du sujet, 1l ne faut laisser aucune question dans le doute. Un cheval est malsain lorsqu'il a quelque maladie ou suite de maladie qui le rend actuellement moins utile qu'il ne le serait s’il était dans son état normal, ou qui est de nature à le rendre moins utile à uneépoque plusou moins éloignée ; en d’autres termes, un cheval, pour être malsain, doit avoir une maladie ou suite de maladie d’un caractère tel que, d’après l’opinion de juges experts et compétents, ellele rend ou lerendra moins utile qu'il ne le serait s’il n’élait pas dans cet état, et il est nécessaire de se rappeler icitout ce qui a été dit du mot maladie.

Parmi les autorités légales, il y a eu quelque divergence d’opinion sur le point de savair siune maladie curable, ou une blessure temporaire, peut faire qualifier un cheval du nom de malsain. Dans une cause de ce genre, un juge très-érudit, ayant à la décider, dit, en s’adressant au jury : « un cheval atteint d’une blessure ou d’un mal temporaire, susceptible d’être promptement guéri ou enlevé, ne peut être considéré comme un cheval malsain dans le sens de la garantie. » Maïs dans la pratique cette doctrine n’est pas applicable dans les diverses circonstances; il est impossible de prédire les résultats d’une blessure ou d’une maladie, et de prévoir si elles seront radicalement guéries, et l'acheteur alors court de grands risques. Plus tard, Lord Ellenboroug décida que pour qu’un cheval puisse être reconnu malsain, il n’est pas essentiel que l'infirmité soit d’une nature permanente; il suffit qu’actuellement elle rende le cheval incapable de service: comme une toux qui, pour le présent, nuit à son utilité; et qui peut ultérieurement lui devenir fa-

tale; mais, dans cette doctrine, il y a aussi de

De

lambiguité, en disant : pour le présent, il y a beaucoup de maladies avec lesquelles le cheval peut parfaitement convenir à un usage actuel, et quisont de nature cependant à diminuer plus tard sa valeur, ou même à le ruiner complétement. Un cheval quia un éparvin, ou un suros, ou la gale, pourra faire sa besogne passablement pendant un certain temps ; mais tôt ou tard ses forces l’abandonneront, et il est bien reconnu que beaucoup de chevaux glandés travaillent pendant une période indéfinie avant que leur vigueur commence à décliner.

Une sentence plus explicite, exprimée par Lord Fenterden dans un procès récent, porte « qu’un cheval qui ne peut accomplir le même travail que celui dont il était capable avant lexistence du défaut ou de ’imperfection dont il est

reconnu alteint, ou le supporter avec la même fa-

- cilité et aisance, doit être reconnu comme un

- cheval malsain. » Ces divergences d’opinion doi-

vent faire reconnaître que les hommes de loi con-

* naissent trop peu le cheval etses maladies pour

* arriver à une définition nette et utile de ce qui

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doit êlre reconnu sain où malsain; néanmoins beaucoup de questions de cette catégorie seront encore probablement décidées comme elles l'ont été déjà; mais il faut avouer qu'aujourd'hui, dans les tribunaux anglais, on attache beaucoup d’importance à la déclaration des vétérinaires.

Pour plusieurs motifs, 1l serait désirable d’avoir une classification des maladies, et le mode le plus ulle serait de Îles ranger d’après l’influence qu’elles peuvent exercer sur le plus ou moins de valeur qui peut être aitribué au cheval; de les ranger etdiviser par maladies qui lui enlèvent un dixième, un quinzième, un vinglième, elc., de sa valeur; mais beaucoup d'années s’écouleront encore sans doute et beaucoup de pragrès sont encore à faire dans la science vétérinaire, avant qu'une classification de ce genre puisse être établie. Il serait absurde de le tenter avant qu’une liste complète des maladies qui font considérer le cheval comme malsain ait été dressée et approuvée ; et après cela même, la partie la plus difficile de la tâche restera à accomplir; ce sera celle de fixer les différents degrés des diverses maladies,

qui devront établir que la maladie existe réelle-

ment.

Les marchands, en parlant de la santé de l’haleine et de celle des membres, disent qu’un cheval est sain d’haleine et de membres, un vélérinaire très-savant (M. W. Percival, auteur de plusieurs ouvrages vélérinaires très-estimés) fait la classification de la maladie de constitution et de celle d'action; mais elle nous paraît tout à fait inutile. La santé de constitution, si celte phrase est appliquée telle qu’elle doit l'être, ou si elle est même susceptible d’une application quelconque, ne peut signifier autre chose si ce n’est l’état du corps, dans lequel il peut y avoir maladie, mais de telle nature qu’elle ne puisse nuire à la puissance des organes dont la bonne condilion est nécessaire à la vigueur : en d’autres termes, l'absence de santé de consütution signifie manque général de santé, et cet état est tel, que point ou bien peu de chevaux pourraient être mis en vente tant que leur santé générale est dans une condition aussi précaire. L'absence de santé d’action ne peut signifier que difficulté

dans les mouvements, ou douleur en marchant, qui serait l'effet ou la suite d’une maladie, les deux définitions n’embrassent pas tous les cas qui peuvent faire considérer le cheval comme malsain, et l’on doit en conclure que la elassification est défectueuse et que toute autre fondée sur de pareilles bases ou sur des bases similaires ne serait pas plus utile.

L’examen du cheval pour reconnaître son état de santé se fait presque toujours avec beaucoup de négligence; les hommes de la profession y mettent bien moins de régularité et d’aitention que lon devrait s’y attendre; les marchands de chevaux font pire encore, ils s'occupent beaucous plus des formes extérieures que de la santé du cheval : mais les particuliers, quand ils achètent un cheval, ont bien soin de s'appuyer sur toutes les règles et sysièmes pour s’éclairer ; il est vrai qu'ils examinent le cheval, mais ils ne savent pas très-bien dans quel but. La plupart ne font attention qu’à des maladies dont ïls ont. quelque souvenir. Si un homme a eu à se plamdre

d’un cheval fourbu il examine scrupuleusement

- les pieds ; cet autre, qui a été désagréablement

. ennuyé par un cheval à éparvins, met beaucoup

de soins à examiner les jarrets; d’autres encore, qui ont plus d'expérience, examineront l’haleine, les yeux, les pieds, les tendons et les jarrets : mais aucun, sur dix mille, n’examine dans un cheval à vendre, les causes apparentes de maladie, où 1} n’y connaît rien, quand bien même il les a sous les yeux. L’on a vu plus d’un marchand, que l’on devait supposer au fait de ces choses, acheter avec garantie un cheval malsain, tandis qu’à dix mètres de distance de ce cheval tout homme un peu expérimenté aurait pu s’en apercevoir.

Pour examiner un cheval avec soin, l’examinateur devrait toujours commencer par un certain point, et avancer pas à pas jusqu’à ce qu'il ait scrupuleusement visité chaque partie où il ya lieu de rencontrer quelque défectuosilé; pour en agir ainsi, il est nécessaire qu'il ait quelque habitude, et qu’il soit hardi et prudent. Car il \ a toujours quelque danger à craindre en examinant très-minutieusement un cheval que lon ne

connaît pas ; mais le risque augmente de beau-

ne ET

coup si l’examinateur est timide ou peureux; cette opération exige aussi l’œil d’un homme de cheval depuis longtemps familiarisé avec l’apparence de santé de toutes les parties; la pratique donne l'habileté.

Le tableau suivant est une simple liste des parlies qui doivent être examinées, avec les noms des maladies dont chacune est suscephüble d'être affectée : il pourra servir à indiquer l'ordre dans lequel l'administrateur doit procéder; il mentionne aussi certaines imperfections, qui, bien que ne consliluant pas l'état d’un cheval malsain, doivent néanmoins êlre prises en considération, parce quelles diminuent la valeur du cheval; telles sont les molelles et les genoux couronnés. Les explications à lasuite du tableau contiennent quelques détails sur la nature de chaque défaut, autant qu’il constitue une maladie ou une simple tare ; on y verra aussi les signes au moyen desquels pourront être reconnus les défauts, et, dans quelques cas, le degré auquel ils nuisent à

l'utilité du cheval.

“LISTE DES PARTIES À EXAMINER ET DANS QUEL BUT. Les: yeux doivent être examinés pour les taches, l'inlamaiation, la cataracte et l’amaurose.

…. Les naseaux, pour les tumeurs, la morve, la | im et l'écoulement qui accompagne les .

pures ordinaires.

Les glandes entre les branches de la mâchoire Ééricure, pour l’engorgement.

La gorge, pour la marque de la courroie que

1 lon met aux chevaux liqueurs, et sa sensibilité par suite d’un rhume récent, Les dents, pour l’âge et les traces de Sons:

Les veines de l’encolure de chaque côté, pour EE. si elles sont bien découvertes.

e Le garrot, s’il est exempt de meurtrissures. Les épaules, pour les tumeurs ou marques de à "FR et cicatrices de vésicatoires.

n La poitrine, pour marques pareilles.

n. Les coudes, pour les tumeurs.

Ë. Les nr pour des cicatrices et des roideurs

dans la jointure.

Les canons, pour des atteintes, des suros et des

eniorses.

Les boulets, pour engorgement, molettes, coupures et affaiblissement. s

Les paturons, pour leur forme.

Les pieds, pour seimes, desséchement de la -Corné, Coniractions, irrégularité dans l’aplomb, chancre, oignons, la sole plate et suite de fourbure. |

Le fer, pour y trouver des marques de coupure et forgeage.

La partie derrière les coudes, pour marques de setons ou vésicatoires.

L'os de la hanche, pour fracture. -

La pointe de la cuisse, pour engorgement de la rotule. , L’aîne, pour rupture.

Les testicules, pour gonflement.

Le jarret, pour le capelet, la courbe, le vesigon, l’éparvin calleux et celui de bœuf.

L'action, pour le boitement, l’encastelure, l'éparvin sec, différentes espèces de Pen TPE le He,

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